La fournée Prime Gaming du 24 septembre 2026 comporte trois jeux PC, et le troisième est de loin le plus discret. The Da Vinci Cryptex rejoint la sélection aux côtés de deux productions autrement connues, sous la forme d’un code à faire valoir chez Legacy Games. Le reste de l’année, ce petit jeu de réflexion se vend 3,99 € sur Steam.
Le principe se résume en une phrase. Vous êtes enfermé dans une pièce, un livre posé sur la table contient des énigmes logiques, et leur solution se compose sur les anneaux d’un cryptex, ce cylindre à combinaison popularisé par la fiction. Chaque énigme résolue ouvre le passage vers la salle suivante.
Le service d’Amazon distribue onze jeux PC sur le seul mois de septembre, du gros calibre à l’indépendant minuscule, et cette vague illustre parfaitement l’écart de gabarit. Récupérer un titre à quatre euros aux côtés d’un jeu de tir à gros budget pose une question simple : que vaut réellement ce genre de complément dans une bibliothèque qui grossit toute seule ?
Ce que contient l’offre du 24 septembre
L’opération suit le format habituel du service, à un détail près qui change la procédure de récupération. Cinq points méritent une vérification avant de lancer la réclamation.
- Le contenu concerné : The Da Vinci Cryptex, en version PC Windows, également jouable sous macOS ;
- La plateforme de réclamation : Prime Gaming, dans l’onglet des jeux à récupérer ;
- La clé délivrée : un code Legacy Games, et non une clé Steam ou Epic ;
- L’ouverture de l’offre : le 24 septembre 2026 ;
- La condition d’accès : un abonnement Amazon Prime actif au moment de la réclamation.
Deux autres jeux tombent le même jour, le shooter aux armes parlantes de Squanch Games et un jeu de plateformes britannique, tous deux distribués en clés Epic Games Store. Le trio prend la suite de la fournée du 17 septembre et referme un mois à onze titres pour les abonnés.
La licence obtenue reste acquise après la résiliation de l’abonnement, comme pour les autres codes du service. Rien n’oblige à installer le jeu dans la foulée, la réclamation suffisant à rattacher la clé au compte.
Cinquante énigmes et une pièce à quitter
La structure ne cherche pas à surprendre. Chaque salle enferme le joueur avec un cryptex, un livre d’énigmes et quelques objets à examiner en vue subjective, dans un décor en trois dimensions qu’on parcourt au clic. Le jeu compte cinquante énigmes, annoncées comme conçues une à une, et leur difficulté monte au fil de la progression.
Les énigmes relèvent du raisonnement pur plutôt que de la fouille. Suites logiques, correspondances entre lettres et chiffres, motifs géométriques à décoder : la matière tient davantage du cahier de jeux que de l’aventure narrative. Un bouton en forme d’ampoule délivre un indice quand le blocage s’installe, ce qui évite de rester coincé indéfiniment sur une grille mal comprise.

La fiche Steam annonce cinq succès seulement, débloqués tous les dix casse-tête résolus, ce qui donne une idée assez nette de la durée de vie visée. Sorti le 8 novembre 2023, le jeu se joue en solo, sans mode supplémentaire ni contenu additionnel.
Une clé Legacy Games, pas un code Steam
Le détail qui distingue cette offre des deux autres tient à la boutique de destination. Les deux jeux qui l’accompagnent s’activent sur l’Epic Games Store, tandis que celui-ci passe par Legacy Games, un circuit de distribution nettement moins fréquenté que les launchers habituels.
La conséquence est pratique avant d’être symbolique. Le jeu récupéré n’apparaîtra ni dans la bibliothèque Steam ni dans celle d’Epic, il faudra passer par le compte Legacy Games pour le télécharger, et les succès de la version Steam ne suivent pas. Récupérer la clé engage donc à ouvrir un compte de plus, pour un jeu vendu quatre euros.
Un studio qui a fait cinq fois le même jeu
XSGames développe et édite lui-même ses jeux, et la série du Cryptex en compte aujourd’hui cinq épisodes sur Steam. Les quatre suites reprennent la même formule sans en changer la mécanique, pour des prix compris entre 3,99 € et 4,15 € chacun.
Cette production en série n’a rien d’infamant dans le paysage du jeu de réflexion, où la répétition d’un format éprouvé est une pratique courante. Elle explique en revanche la place que ce genre de titre occupe dans les catalogues d’abonnement : un contenu peu coûteux à distribuer, qui remplit une case de la sélection mensuelle sans en constituer l’argument.
L’absence de couverture presse accompagne logiquement ce positionnement. Le jeu n’a jamais été testé par les rédactions spécialisées, et la totalité de ce qu’on sait de sa réception tient dans une poignée d’avis de joueurs, neuf exactement sur Steam à ce jour, partagés entre cinq positifs et quatre négatifs.
Cent soixante mégaoctets et rien de plus
La fiche technique tient en trois lignes et constitue un argument à part entière. Un processeur double cœur à 2,0 GHz, 2 Go de mémoire vive et une carte graphique dotée de 512 Mo suffisent, sous DirectX 9 et Windows 10 en 64 bits.
L’installation réclame 160 Mo d’espace disque, soit l’équivalent d’une poignée de photographies. Le jeu propose une interface en français aux côtés de six autres langues, ce qui reste rare à ce niveau de budget, et tourne aussi bien sur les Mac à puce Apple que sur les machines Intel.
Ce que dit une fournée à trois vitesses
Trois jeux, trois boutiques différentes, trois gabarits sans commune mesure : la vague du 24 septembre résume bien la logique du service. Amazon ne construit pas une sélection cohérente, il agrège des accords séparés avec des éditeurs de tailles très diverses, et le volume compte autant que la qualité.
Le raisonnement est le même chez les concurrents, qui l’assument ouvertement. D’après PC Gamer, le patron d’Epic expliquait en 2024 que la distribution gratuite constituait le levier d’acquisition le plus rentable de son magasin, avec 580 millions de jeux réclamés en une année.
Offrir des jeux gratuits paraît contre-intuitif comme stratégie, mais les entreprises dépensent de l’argent pour acquérir des joueurs.
Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, échange avec la presse rapporté par PC Gamer le 16 août 2024
Le joueur qui réclame les trois titres du jour se retrouve donc avec une superproduction, un jeu d’auteur et un casse-tête à quatre euros, répartis sur trois comptes. La valeur d’usage se dissocie de la valeur affichée, et un jeu d’énigmes de dix minutes par session finira peut-être plus souvent lancé que la campagne de trente heures rangée à côté. Entre les trois titres de cette semaine et les douze jeux distribués en juillet, la vraie contrainte reste le temps.
