Everything à -90% (1,29€) sur Steam

La simulation contemplative de David OReilly fait partie des plus fortes baisses de prix de la mi-octobre sur Steam. Vendu d’ordinaire 12,99 €, Everything passe à 1,29 € jusqu’au 23 octobre à 19 h, heure de Paris, soit une remise de 90 %. Le jeu, sorti sur PC le 21 avril 2017, n’a pas vraiment d’équivalent dans le catalogue de la plateforme.

Le concept se résume vite : vous pouvez incarner tout ce que vous voyez, d’un microbe à une galaxie, en passant par un cerf, un rocher ou un immeuble. Pas de score, pas de mission, pas de fin imposée, seulement un univers généré à parcourir d’une échelle à l’autre, accompagné par la voix du philosophe Alan Watts. À ce prix, faut-il tenter l’expérience, même quand on n’aime pas les jeux sans objectif ?

Une remise de 90 % qui dépasse le précédent record

La baisse est affichée sur la fiche Steam d’Everything, consultée en région française le 15 octobre : le prix descend de 12,99 € à 1,29 €, et la promotion prend fin le 23 octobre. Une édition qui réunit le jeu et sa bande originale est proposée à 1,64 € sur la même période.

Visuel officiel d'Everything : le logo du jeu au centre d'un ciel bleu traversé d'objets et d'animaux en apesanteur
Visuel officiel d’Everything sur la fiche Steam du jeu (source : David OReilly).

Selon Notebookcheck, qui s’appuie sur les relevés de SteamDB, la plus forte remise accordée jusqu’ici plafonnait à 87 %. Le palier de 90 % est donc une première pour ce titre sur la boutique de Valve, et l’économie atteint 11,70 € par rapport au prix habituel. Encore faut-il savoir ce que l’on achète, car Everything ne ressemble à aucun autre jeu de la boutique.

Un jeu où l’on incarne tout, de l’atome à la galaxie

Everything démarre dans la peau d’un animal ou d’un objet du décor. Le jeu permet ensuite de passer d’un élément à un autre, puis de monter ou de descendre d’échelle : un brin d’herbe mène à une colline, la colline à un continent, le continent à une planète, et ainsi de suite jusqu’aux amas de galaxies. Le chemin inverse conduit jusqu’au monde microscopique.

Capture d'Everything : des cerfs en polygones simples sur une plaine claire, certains basculés sur le côté
Capture d’Everything publiée sur la fiche Steam du jeu, où chaque animal croisé peut être incarné.

D’après sa description officielle, le jeu est une simulation procédurale des systèmes naturels, pilotée par une intelligence artificielle et observée à l’échelle de l’univers entier. Les créatures d’une même espèce peuvent se regrouper, danser ensemble ou se multiplier, et vous pouvez à tout moment laisser la main au programme, qui déroule alors un documentaire animalier sans fin.

La musique, dirigée par Ben Lukas Boysen, et les extraits de conférences d’Alan Watts donnent au tout un ton méditatif. Sur le plan technique, le jeu est classé Vérifié pour le Steam Deck, d’après Notebookcheck, ce qui en fait un bon candidat aux sessions courtes sur console portable. Ce que vous obtenez pour 1,29 € se détaille en quelques points.

Ce que contient Everything pour 1,29 €

Le contenu ne se mesure pas en heures de campagne ni en nombre de niveaux, puisque le jeu n’a ni début ni fin au sens classique. La version vendue sur Steam comprend :

  • la possibilité d’incarner animaux, plantes, objets, bâtiments, planètes et galaxies, sans limite de niveau ni chemin imposé ;
  • un mode automatique où le jeu se joue seul, à la manière d’un documentaire de nature ;
  • des enregistrements originaux du philosophe britannique Alan Watts, qui se découvrent au fil de l’exploration ;
  • un monde généré de façon procédurale, sans frontière de niveau ni parcours prédéterminé.

La bande originale, elle, s’achète à part ou dans l’édition groupée à 1,64 €, soit 35 centimes de plus que le jeu seul pendant la promotion. Au-delà de son contenu, Everything s’est aussi fait remarquer hors du cercle habituel du jeu vidéo.

Une œuvre primée bien au-delà du jeu vidéo

En 2017, Everything a reçu le Golden Nica, la plus haute distinction du Prix Ars Electronica, dans la catégorie animation, film et effets visuels. Le festival autrichien des arts numériques a consacré à cette occasion un entretien à son créateur, qui y revenait notamment sur le mode automatique du jeu.

Je veux que le jeu donne aux gens un espace pour réfléchir lorsqu’ils sont à l’intérieur.

David OReilly, créateur d’Everything, interrogé sur le mode de jeu automatique par le blog d’Ars Electronica, le 7 septembre 2017

La critique avait suivi. Polygon lui a attribué la note de 9 sur 10, Wired en a fait un jeu à ne pas manquer, et la version PC affiche un score de 78 sur Metacritic, selon la fiche Steam. Kotaku évoquait de son côté une célébration exubérante des liens qui unissent l’univers.

Ces éloges ne garantissent pas pour autant que le jeu plaira à tout le monde, et deux points méritent d’être pesés avant l’achat.

Pas de version française ni d’objectif : pour qui l’achat a du sens

Le principal frein pour un joueur francophone tient à la langue. La fiche Steam n’indique aucune prise en charge du français, ni pour l’interface, ni pour les sous-titres : seuls l’anglais et le japonais sont proposés, et les nombreux extraits d’Alan Watts sont en anglais.

Les avis des joueurs restent favorables, avec 83 % d’évaluations positives et la mention Très positives sur Steam. Le jeu divise surtout ceux qui attendent un défi, puisque sans victoire ni défaite, il tient de l’œuvre interactive plus que du jeu d’exploration classique. Le site Digital Chumps, cité par Notebookcheck, lui reproche d’ailleurs des changements de forme répétitifs sur la durée.

Le verdict tient en deux profils. À 1,29 €, l’achat se défend sans réserve pour qui lit l’anglais et cherche une expérience contemplative, à lancer par sessions courtes ou à laisser tourner en fond. Il se justifie beaucoup moins pour qui veut des objectifs, une progression ou une version française : même dix fois moins cher, le jeu risque alors de rester dans la bibliothèque.

Un classique de 2017 parmi les jeux bradés à 90 %

Sorti il y a près de dix ans, Everything correspond au profil habituel des remises de 90 % sur Steam, celui d’un jeu dont la carrière commerciale est faite depuis longtemps. Ce palier gagne pourtant des titres bien plus jeunes, comme l’a montré la série de baisses relevée depuis fin septembre, où cinq des onze jeux bradés à ce niveau avaient cinq ans ou moins.

Le jeu de David OReilly partage sa semaine avec un autre titre tourné vers la philosophie, The Talos Principle 2 à 2,89 € jusqu’au 15 octobre au soir. Deux visions opposées du jeu de réflexion, l’une fondée sur les énigmes, l’autre sur la simple observation, accessibles pour 4,18 € à elles deux pendant quelques heures encore.

Le 23 octobre au soir, Everything retrouvera son tarif de 12,99 €. La vraie question n’est donc pas le prix, mais le temps que vous accepterez d’accorder à un jeu qui ne vous demande rien et vous laisse seul juge de ce que vous y cherchez.

Télécharger le jeu en promo

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