Le 20 octobre à 11 h, Embark Studios a refermé le test qui divise le plus sa communauté depuis la sortie d’ARC Raiders : une semaine de serveurs sans affrontement entre joueurs, au cours de laquelle plus de 30 millions de manches en PvE ont été jouées. Le studio suédois ne tranchera pas tout de suite et promet de nouvelles informations en novembre.
ARC Raiders est un jeu de tir d’extraction : on remonte à la surface d’une Terre envahie par des machines, on récupère du butin et l’on tente de rentrer vivant, en croisant d’autres équipes qui peuvent vous abattre pour vous voler. Le PvE retire cette menace humaine pour ne laisser que les robots. Alors que le jeu fête son premier anniversaire le 30 octobre, ce mode sans rivalité peut-il devenir permanent sans dénaturer ce qui a fait son succès ?
Sept jours de serveurs sans tir entre Raiders
Le test s’est ouvert le 13 octobre à 11 h, heure de Paris, pour sept jours pile. Un interrupteur dans le menu de matchmaking permettait de choisir entre l’expérience habituelle, où joueurs et machines se partagent la carte, et des serveurs où les dégâts entre joueurs étaient tout simplement désactivés. Grenades étourdissantes et incendiaires n’y avaient plus d’effet sur les autres Raiders.
Embark avait prévu des contreparties pour ne pas transformer ces serveurs en ferme à ressources. La valeur globale du butin y était abaissée, et cinq conditions de carte, dont Night Raid, Hidden Bunker et la Frégate, restaient réservées à l’expérience compétitive. Les machines pouvaient aussi achever un joueur à terre s’il bougeait au-delà d’un délai de grâce de huit secondes.
Dans son bilan publié le 20 octobre, l’équipe reconnaît un test « polarisant » et annonce un sondage envoyé à un échantillon représentatif de joueurs à partir du 22 octobre. Pour comprendre pourquoi ce choix pèse autant, il faut revenir sur une année de virages.
Un an de virages, de la sortie au test PvE
La chronologie ci-dessous retrace les étapes qui ont mené Embark jusqu’à cette expérience, de la sortie sur Steam au dernier correctif :
- 30 octobre 2025 : sortie d’ARC Raiders sur Steam au prix de 39,99 € ;
- 21 août 2026 : Embark met ses Expéditions en pause jusqu’à début 2027 et passe à deux grosses mises à jour par an ;
- 24 septembre 2026 : le producteur exécutif annonce un test de matchmaking PvE pour le mois suivant ;
- 8 octobre 2026 : la mise à jour Traînée gelée arrive avec un essai gratuit de quatre jours, et le jeu passe à 19,99 € sur Steam jusqu’au soir même ;
- 13 octobre 2026 : ouverture du test PvE à 11 h, heure de Paris ;
- 20 octobre 2026 : fermeture du test à 11 h et premier bilan à 30 millions de manches ;
- 27 octobre 2026 : déploiement de la mise à jour 2.3.0, qui ramène les correctifs à un rythme de trois semaines.
Ce calendrier montre un studio qui teste beaucoup en peu de temps, avec deux expériences majeures en moins de deux semaines. Le joueur qui a acheté le jeu pendant la remise d’octobre ne retrouve d’ailleurs plus tout à fait les mêmes conditions aujourd’hui.
Ce qui a changé depuis la remise d’octobre
Le tableau compare la situation au 8 octobre, date de la dernière remise relayée ici, et celle du 29 octobre, d’après la fiche Steam et les annonces d’Embark.
| Point | Au 8 octobre | Désormais | Source |
|---|---|---|---|
| Prix sur Steam | 19,99 € jusqu’à 19 h | 39,99 € | Fiche Steam en région française |
| Modes de jeu | PvPvE uniquement | Test PvE terminé, décision attendue en novembre | Embark, 20 octobre |
| Rythme des correctifs | Hebdomadaire depuis Traînée gelée | Toutes les trois semaines, boutique chaque semaine | Embark, 27 octobre |
| Saison des Trials | Saison 6 lancée | Saison 6 jusqu’au 12 janvier 2027 | Embark, 12 octobre |
La remise de moitié n’aura duré que quelques heures, et le jeu est revenu à son tarif plein de 39,99 €. Pour un joueur qui hésite encore, l’écart atteint 20 € avec l’offre du 8 octobre, soit le prix d’une seconde copie pour un ami à l’époque.
Le contenu, lui, n’a pas bougé : Traînée gelée reste la base du jeu, avec le Col de Pendola, la Frégate et l’arbre de compétences remanié. C’est surtout la question du PvE qui peut changer la nature de l’achat, et Embark ne cache pas ses réticences.
Pourquoi Embark hésite à trancher
Selon The FPS Review, qui détaille le billet d’Embark du 24 septembre, la population du jeu se partage entre 37 % de joueurs coopératifs, 27 % de profils mixtes et 34 % de purs amateurs de PvP, et 51 % des joueurs interrogés se disaient intéressés par une option PvE dédiée. Le studio prévenait alors que le test ne valait pas promesse d’un mode à venir.

Le dilemme tient à l’équilibre même du jeu, où la peur de croiser une autre équipe donne sa valeur au butin rapporté. Le producteur exécutif Aleksander Grøndal reconnaît que l’équipe se montrait sceptique au départ, avant que l’ampleur du test l’oblige à reposer la question.
Tout l’enjeu, bien sûr, est d’y parvenir sans saper le principe même du jeu.
Aleksander Grøndal, producteur exécutif d’ARC Raiders, dans un entretien accordé à MP1st et rapporté par PC Gamer le 28 octobre 2026
Plusieurs pistes sont évoquées, du mode secondaire plus détendu entre deux parties compétitives à une expérience entièrement contre les machines. Le jeu reste en tout cas très fréquenté : l’API de Steam comptait 53 858 joueurs connectés simultanément le 29 octobre vers 4 h 30, heure de Paris, en pleine nuit européenne.
Ce chiffre rappelle qu’un an après sa sortie, le jeu n’a pas besoin du PvE pour vivre. La décision de novembre dira surtout quel public Embark choisit de privilégier pour sa deuxième année.
Une deuxième année qui commence en novembre
Le premier anniversaire tombe le 30 octobre, et les informations sur l’avenir du PvE sont annoncées pour novembre, sans date précise à ce stade. La saison 6 des Trials court jusqu’au 12 janvier 2027, tandis que les Expéditions doivent revenir début 2027, elles aussi sans jour fixé.
Entre ces deux échéances, le sondage lancé le 22 octobre pèse plus lourd qu’un simple formulaire. Les joueurs qui ont goûté aux serveurs sans affrontement comme ceux qui veulent garder la tension du PvPvE tiennent là une voix directe dans l’orientation du jeu, et la réponse d’Embark fixera ce que vaudront les 39,99 € de la deuxième année.

