Sorti le 30 octobre 2025 sur Steam au prix de 39,99 €, ARC Raiders a imposé en moins d’un an sa formule d’extraction coopérative : on descend en surface, on ramasse ce qu’on peut, on remonte vivant ou on perd tout. Le jeu d’Embark Studios repose aussi sur une progression au long cours baptisée Expédition, une remise à zéro volontaire du personnage en échange de bonus permanents et de récompenses exclusives, dans l’esprit du prestige des jeux de tir compétitifs.
Le studio suédois vient d’annoncer que ce système s’arrêtera après sa cinquième itération, prévue en septembre, pour ne revenir qu’au début de l’année 2027. Une coupure de plusieurs mois sur un pan entier de la progression n’a rien d’anodin dans un jeu-service qui vit de ses boucles. Qu’est-ce qui pousse un studio à débrancher volontairement le mécanisme censé retenir ses joueurs les plus assidus ?
Une cinquième Expédition avant la coupure
La fenêtre de la cinquième Expédition ouvrira le 8 septembre à 13 h, heure de Paris, et se refermera le 29 septembre à 10 h. Embark a retenu la principale demande de sa communauté sur ce point précis : la fenêtre passe de deux à trois semaines, ce qui laisse le temps de terminer sa Caravane sans caler son emploi du temps sur celui du jeu.
Le fonctionnement reste inchangé pour le reste. Terminer sa Caravane ne vaut pas inscription : il faut s’enregistrer explicitement pendant la fenêtre, puis boucler un défi avant le départ collectif du 29 septembre. La nouveauté qui piégera les distraits, c’est la disparition du dernier appel, ce rattrapage de dernière minute qui permettait jusqu’ici de s’inscrire au-delà du délai annoncé.
Les Raiders engagés dans leur deuxième, troisième ou quatrième Expédition conservent le rattrapage des points de compétence manqués, plafonné à cinq par Expédition. Ce filet évite qu’un joueur arrivé tard reste durablement en retrait, un problème d’accessibilité que le studio reconnaît lui-même parmi les points de friction les plus signalés.
Ce que la fenêtre de septembre change pour les Raiders
Le détail de cette cinquième Expédition tient en quelques ajustements qui répondent directement aux critiques accumulées depuis le printemps. Voici ce qui attend les Raiders décidés à partir :
- une fenêtre de départ étendue de deux à trois semaines, du 8 au 29 septembre ;
- la réinitialisation de la ligne de quêtes qui devient optionnelle, avec d’autres moyens d’obtenir le plan du Hullcracker ;
- la suppression du dernier appel, qui obligeait à surveiller la date de clôture ;
- la tenue Zenith complète et des récompenses mystère à la clé ;
- douze emplacements de coffre supplémentaires, dans la limite de soixante au total.
Le bonus de points de compétence issu des Expéditions reste plafonné à quinze, ce qui borne l’écart entre un vétéran et un nouveau venu. La réinitialisation des quêtes devenue facultative est probablement le changement le plus lourd de conséquences, parce qu’il s’attaque à la répétition dénoncée depuis plusieurs cycles.
Le grand écart entre les correctifs et la refonte
Le même 21 août, Embark a déployé la mise à jour 1.42.0, qui prolonge l’événement Phantom Targets avec sa deuxième partie et introduit une planification régionale des conditions de carte. Le studio explique que ces conditions suivront désormais les heures de pointe de chaque région au lieu d’un calendrier mondial unique, un ajustement dont profitent mécaniquement les joueurs européens.
Ce genre de correctif illustre la ligne de conduite actuelle du studio : livrer des ajustements réguliers pendant que les gros chantiers avancent en coulisses. La méthode se retrouve chez la plupart des jeux-services, comme lorsque Marvel Rivals a profité d’une saison intermédiaire pour alléger l’installation PC d’une quarantaine de gigaoctets. Les Expéditions, elles, ne pouvaient plus se contenter d’un correctif.
Frozen Trail, le rendez-vous du 8 octobre
La pause s’inscrit dans un calendrier plus large. Depuis mai 2026, Embark a abandonné les mises à jour rapprochées au profit de deux gros rendez-vous par an, et le premier du genre porte un nom : Frozen Trail, attendu le 8 octobre. Le studio le présente comme sa plus grosse mise à jour depuis le lancement du jeu.

Au centre du dispositif, une carte enneigée située à la lisière du Rust Belt, bâtie autour d’anciens villages, d’usines, de laboratoires et d’un observatoire abandonnés. L’équipe de level design annonce une verticalité et des menaces souterraines inédites, ainsi qu’une opération ARC de haut niveau taillée pour les joueurs expérimentés. La progression change aussi de forme avec l’Outpost, un espace personnel qui prend la suite du Raider Den.
Nous savons que cela implique des intervalles plus longs entre les grosses sorties, et nous remercions tous ceux qui sont restés avec nous pendant que nous continuions à livrer du contenu comme des projets, des événements, un nouveau marchand, et des améliorations continues fondées sur vos retours.
Aleksander Grøndal, producteur exécutif d’ARC Raiders chez Embark Studios, sur le blog officiel du jeu, le 12 août 2026
Cette déclaration résume le pari du studio : accepter des creux de contenu plus longs pour livrer des mises à jour qui pèsent réellement. Le passage à deux temps forts par an explique aussi pourquoi les Expéditions ne reviennent qu’en 2027, une fois leur refonte alignée sur ce nouveau rythme.
Le studio promet également de nouvelles armes, des gadgets, des instruments et des ajustements de l’arbre de compétences, en plus du travail continu sur le matchmaking et l’anti-triche. Rien de tout cela ne sera détaillé avant septembre, ce qui concentre les annonces sur quelques semaines avant la sortie de la mise à jour.
Une fréquentation qui s’est tassée depuis le lancement
Les chiffres expliquent une partie de l’urgence. D’après GAMINGbible, ARC Raiders a culminé à 465 097 joueurs simultanés en décembre 2025, contre une moyenne de 28 887 joueurs sur vingt-quatre heures à la mi-août 2026. La courbe reste honorable pour un jeu payant qui approche de son premier anniversaire, mais l’écart avec le pic saute aux yeux.
La mise à jour Riven Tides, déployée en avril, avait déjà fait basculer les évaluations Steam du jeu en catégorie « moyennes », accusée d’avoir gonflé la collecte de ressources et rendu les armes intermédiaires inutilisables. Une seconde mise à jour mal reçue coûterait cher, d’autant que la concurrence ne ralentit pas, entre les ennemis inédits ajoutés à Helldivers 2 et les saisons à répétition des jeux de tir coopératifs.
Ce que cette pause dit du modèle des jeux-services
Suspendre un système central pendant quatre à cinq mois revient à admettre qu’il ne fonctionnait pas, ce qui reste rare dans un secteur où l’on préfère empiler les correctifs. Le calendrier joue en faveur d’Embark : la coupure tombe pendant la montée en charge de Frozen Trail, quand l’attention des joueurs se déplacera de toute façon vers la carte enneigée du 8 octobre.
Le pari n’en reste pas moins risqué. Un jeu d’extraction vit de ses boucles de progression, et en retirer une pendant un trimestre entier laisse un vide que les événements temporaires ne comblent pas toujours. D’autres titres ont tenté la démarche inverse en concentrant l’intérêt sur des rendez-vous très courts, à l’image de ce mode PvE ouvert deux semaines seulement sur Marathon, avec des résultats contrastés.
Le contenu exact de ces améliorations majeures reste flou à ce stade. La communauté attend des changements de fond sur la structure des récompenses et sur l’accessibilité des nouveaux venus, deux points que le studio cite lui-même parmi les plus douloureux. Les détails promis pour le mois de septembre diront si cette pause sert à repenser les Expéditions ou seulement à gagner du temps.

