Depuis la fin de la série, l’univers de Game of Thrones a surtout été décliné en jeux mobiles et en action-RPG, sans jamais retrouver le terrain de la stratégie. PlaySide Studios prend le contre-pied avec War for Westeros, un jeu de stratégie en temps réel pensé pour le PC, dans lequel vous commandez des armées entières plutôt qu’un héros solitaire. Le studio australien a levé le voile sur le projet le 6 juin 2025, pendant le Summer Game Fest, avant de le laisser dormir plus d’un an sans montrer la moindre image de jeu.
Le silence vient de se rompre. Un court teaser de gameplay est en ligne depuis le 13 août sur la chaîne officielle du jeu, et la véritable bande-annonce est calée sur l’Opening Night Live de la Gamescom, le mardi 25 août. Que reste-t-il à prouver à un RTS sous licence quand la première séquence de jeu arrive quinze mois après l’annonce ?
Le teaser d’abord, la bande-annonce à la Gamescom
PlaySide a choisi la formule minimale pour rouvrir le dossier : quelques secondes de jeu, une charge de cavalerie Lannister qui percute une ligne de défense Stark, puis un dragon Targaryen qui disloque la formation. Le studio a publié ce teaser le 13 août sur son site officiel et sur sa chaîne YouTube, sans le moindre commentaire de développeur ni détail technique. La vitrine complète est réservée à la scène de Cologne.
L’Opening Night Live ouvre le salon allemand le mardi 25 août, de 20 h à 22 h heure de Paris, avec Geoff Keighley et Eefje Depoortere à la présentation, d’après le programme publié par la Gamescom. Le salon lui-même se tient ensuite du 26 au 30 août au Koelnmesse de Cologne. Placer la première bande-annonce de gameplay sur ce créneau est un pari classique : c’est le rendez-vous le plus regardé de l’été, mais aussi le plus encombré.
Avant d’y arriver, il faut savoir ce que le jeu propose réellement de commander.
Quatre maisons, quatre façons de mener la guerre
Le billet de développement publié par PlaySide le 17 juillet détaille les camps jouables et le rôle de leurs héros. Chaque faction avance avec ses propres unités et ses figures emblématiques, capables de monter en niveau et de débloquer de nouvelles capacités au fil des escarmouches.
- La maison Stark, menée sur la ligne de front par Jon Snow, qui galvanise les troupes autour de lui ;
- La maison Lannister, dirigée par Tywin, présenté comme un commandant méthodique qui pousse la machine de guerre familiale à son rendement maximal ;
- La maison Targaryen, qui aligne ses dragons et ses Immaculés ;
- L’armée des morts du Roi de la Nuit, quatrième camp jouable et seule faction non humaine du lot.
Le studio insiste sur l’asymétrie : les maisons ne se contentent pas d’un habillage différent, elles disposent d’unités et de mécaniques distinctes. Reste que la gestion des héros est présentée comme le nerf de la victoire, ce qui rapproche War for Westeros des RTS à commandants plus que des jeux de production pure.
Des escouades qui encaissent et des contres à trouver
PlaySide dit avoir passé un temps considérable sur la réactivité, le déplacement des unités et le ressenti des impacts. Vous ne dirigez pas des soldats un par un : vous manœuvrez des escouades complètes qui réagissent en bloc à vos ordres, ce qui change la granularité du micro-management par rapport à un RTS classique.
La physique joue un rôle visible dans les affrontements. Une charge de cavalerie traverse une ligne d’archers exposée et disperse les rangs, tandis que le géant, carte maîtresse d’une des maisons, projette littéralement des escouades entières en l’air quand sa massue frappe le sol. Le studio parle d’un champ de bataille qu’il veut viscéral, et les quelques secondes du teaser vont dans ce sens.

Cette lisibilité sert un système de contres assez direct. Face à une cavalerie lancée, empiler de l’infanterie de base ne sauve rien : il faut lire la composition adverse et sortir l’unité prévue pour ça, une escouade de lanciers légers, pour casser net l’élan. Le principe est connu des habitués du genre, mais il suppose que l’information à l’écran soit assez claire pour réagir en quelques secondes.
La fiche Steam annonce de son côté trois formules de jeu, solo, coopération et JcJ en ligne, ce qui suppose un équilibrage tenant la route dans les trois cas. Encore faut-il des terrains à la hauteur.
Ashemark, la première carte montrée par le studio
Une seule carte a été détaillée à ce jour : Ashemark, située dans les Terres de l’Ouest. Le lieu n’est pas choisi au hasard, puisqu’il faisait partie des places prises dans la campagne de Robb Stark pendant la guerre des Cinq Rois. Le studio la décrit comme un terrain pensé pour le duel en un contre un, avec deux voies ouvertes et des positions défendables qui autorisent la pression, le maintien, le contournement et la contre-attaque.
Les escarmouches doivent couvrir plusieurs régions de Westeros, de Port-Réal au Mur, chaque carte recevant son identité visuelle et son découpage tactique. PlaySide reconnaît toutefois garder pour plus tard le fonctionnement exact du contrôle de territoire, qui reste la vraie inconnue du jeu. C’est précisément le genre de détail qu’une bande-annonce de gameplay peut enfin trancher.
Un report qui décale la sortie au début 2027
Le même billet de développement du 17 juillet a acté un décalage : annoncé pour 2026, War for Westeros sortira finalement au début de l’année 2027. La fiche Steam française affiche désormais 2027 comme fenêtre de disponibilité, sans mois précis. Le studio justifie le report par la volonté de tenir le niveau de qualité attendu à la fois par les joueurs de RTS et par le public de la série.
Cette promesse-là remonte à l’annonce de 2025, et elle est restée la ligne de communication du projet depuis.
Game of Thrones: War for Westeros ramène les fans dans les Sept Couronnes. Cette fois, vous ne regardez pas Game of Thrones, vous y jouez. War for Westeros vous place au siège du pouvoir : que vous meniez les Stark, les Targaryen ou les Lannister, ou même que vous commandiez le Roi de la Nuit et son armée des morts, vous exercerez un pouvoir réel et réécrirez le destin du royaume.
Ryan McMahon, game director de War for Westeros chez PlaySide Studios, dans la déclaration accompagnant l’annonce du jeu au Summer Game Fest, le 6 juin 2025.
Côté confort, la fiche Steam recense onze langues d’interface, dont le français en menus et en sous-titres, l’anglais restant la seule piste audio annoncée. Le jeu est édité et développé par PlaySide, sous licence Home Box Office et Warner Bros., et reste pour l’instant annoncé sur PC uniquement. Comme sur d’autres grosses licences repoussées à 2027, l’attente se joue désormais sur la capacité du studio à entretenir l’intérêt pendant plus d’un an.
Une fenêtre de tir chargée pour la stratégie sur PC
La fin août concentre les rendez-vous, entre l’Opening Night Live du 25 et un autre gameplay très attendu deux jours plus tard. Se glisser dans ce couloir avec un RTS sous licence n’a rien d’anodin : le genre vit surtout sur PC, il attire un public exigeant sur la lisibilité et l’équilibrage, et il pardonne mal les démonstrations trop montées. La bande-annonce du 25 août jouera donc sur deux tableaux à la fois, celui du fan de la série et celui du joueur de stratégie.
Warner Bros. Games a resserré ses efforts autour de quatre licences maison, dont Game of Thrones et l’univers d’Hogwarts Legacy, ce qui donne à ce projet un poids que son budget seul n’expliquerait pas. Si la démonstration convainc, elle pourrait relancer un créneau que le PC a longtemps porté à bout de bras ; si elle déçoit, l’attente jusqu’au début 2027 deviendra franchement longue pour un jeu qui n’aura toujours pas montré son contrôle de territoire.

