Clash : Artifacts of Chaos gratuit sur Prime Gaming

Il y a des jeux que l’on découvre par hasard et que l’on n’oublie plus. Clash : Artifacts of Chaos est de ceux-là, et il fait partie des jeux PC que les abonnés Prime peuvent ajouter gratuitement à leur bibliothèque jusqu’à la fin du mois de septembre, sous la forme d’une clé pour l’Epic Games Store.

Sorti en mars 2023, ce jeu d’action et d’aventure du studio chilien ACE Team vous place dans la peau de Pseudo, un maître des arts martiaux qui vit en ermite dans l’étrange contrée de Zenozoïk. Vendu 29,99 € sur Steam, il a su fédérer une communauté fidèle sans jamais devenir un succès grand public. Maintenant qu’il est offert, mérite-t-il vraiment une place dans votre bibliothèque ?

Une clé Epic Games Store à réclamer avant le 30 septembre

Amazon a détaillé sa sélection d’août le 13 août, sur le blog d’Amazon Games : neuf jeux PC offerts aux membres Prime, distribués par vagues successives. Clash : Artifacts of Chaos a fermé la marche le 27 août, en même temps que Havendock, deux semaines après la vague qui avait apporté Steelrising aux abonnés.

La récupération passe par la page des réclamations de Prime Gaming, désormais rattachée au service Luna. Il faut un abonnement Prime actif, puis un compte Epic Games Store pour activer le code fourni par Amazon. Une fois le jeu ajouté, il vous reste acquis, même si vous résiliez l’abonnement par la suite. Selon le suivi de freetokeep.gg, qui s’appuie sur les flux officiels d’Amazon, l’offre prend fin le 30 septembre. Vous disposez donc de moins d’une semaine, le temps de savoir dans quel monde vous mettez les pieds.

Zenozoïk, un univers né avec Zeno Clash

Clash : Artifacts of Chaos se déroule dans le même monde que Zeno Clash, le premier jeu d’ACE Team sorti en 2009. Ce jeu de combat en vue subjective avait décroché une nomination à l’Independent Games Festival et le titre de jeu indépendant de l’année décerné par PC Gamer, d’après le portrait consacré au studio par NME en mai 2023.

Le studio de Santiago a été fondé par trois frères, Andres, Carlos et Edmundo Bordeu. Il signe aussi la série Rock of Ages, et reste le plus ancien studio de jeu vidéo encore en activité au Chili. Ce nouvel épisode raconte une histoire indépendante des deux Zeno Clash : aucune connaissance préalable n’est nécessaire pour s’y lancer.

Combat de nuit entre un guerrier au corps de bois et une créature massive cornue, sous un ciel étoilé
Capture officielle issue de la fiche Steam du jeu : chaque adversaire de Zenozoïk impose sa propre lecture du combat.

Le changement majeur tient à la caméra. Là où les deux premiers jeux se jouaient en vue subjective, Clash adopte une vue à la troisième personne et un vrai héros, Pseudo, qui protège une petite créature appelée l’Enfant. Cette nouvelle perspective transforme surtout la façon de se battre.

Des combats à mains nues pensés comme des duels

Le cœur du jeu reste l’affrontement au corps à corps, sans épée ni arme à feu. D’après la fiche Steam du jeu, plusieurs mécaniques se combinent à chaque affrontement :

  • l’apprentissage de plusieurs styles d’arts martiaux, que l’on alterne librement selon l’adversaire ;
  • des attaques, esquives, blocages et parades, la contre-parade déclenchant un coup spécial ;
  • un passage ponctuel en vue subjective pour exécuter des techniques uniques ;
  • le Rituel, un jeu de dés disputé avant le combat, dont le vainqueur fixe une règle de l’affrontement ;
  • une progression des caractéristiques et des attaques au fil des victoires.

Le Rituel donne au jeu une couleur à part. Le perdant peut se retrouver la cheville enchaînée ou plongé dans un brouillard, et doit composer avec ce handicap pendant tout le duel. Les amateurs de combats rapprochés à mains nues y retrouveront une exigence comparable, dans un habillage bien plus étrange.

Le jeu se montre punitif, comme les précédentes productions du studio. Edmundo Bordeu a expliqué à NME que les cartes des morts de joueurs se répartissaient partout dans le jeu, signe pour lui d’une difficulté juste plutôt que de pics injustes. Cette exigence se double d’une direction artistique très singulière.

Une fantasy nourrie par les années 1980

L’identité visuelle de Zenozoïk est ce qui marque le plus. Le studio mélange des mammifères géants inspirés de l’ère cénozoïque avec le surréalisme de Picasso, de Jérôme Bosch ou d’Alejandro Jodorowsky. Une autre influence, moins connue, vient des illustrations de John Blanche pour les livres-jeux Sorcery! de Steve Jackson, découverts par les frères dans une bibliothèque scolaire :

La fantasy était bien plus ouverte et intéressante dans les années 1980. Nous n’avions pas ces méga-productions comme Le Seigneur des anneaux, qui ont tout rendu plus homogène : nous avons eu les gobelins verts, les orcs, et tout se ressemble maintenant, avec des sorciers à chapeaux pointus.

Carlos Bordeu, cofondateur d’ACE Team, dans un entretien accordé à NME publié le 3 mai 2023

Cette direction artistique peinte à la main se découvre très bien dans la bande-annonce de présentation publiée par Nacon, l’éditeur du jeu. L’écriture a été confiée à Jonas Kyratzes, scénariste de The Talos Principle, pour donner davantage de poids à l’histoire.

Youtube video
Bande-annonce de présentation de Clash : Artifacts of Chaos, publiée par Nacon sur sa chaîne YouTube officielle.

Sur Steam, la fiche du jeu cumule plus de 1 300 évaluations d’utilisateurs et reprend la formule de PC Gamer, qui le jugeait dix fois plus bizarre qu’Elden Ring. Avant de réclamer la clé, mieux vaut vérifier que votre machine suit.

Une configuration modeste pour un jeu de 2023

Les exigences techniques restent raisonnables. En configuration minimale, ACE Team demande un Intel Core i3-4130 ou un AMD FX-8120, 8 Go de mémoire vive et une GeForce GTX 780 ou une Radeon R7 260X, sous Windows 10 en 64 bits, avec DirectX 12.

La configuration recommandée monte à un Core i5-6402P ou un Ryzen 5 1600X, associé à une GeForce RTX 2060 ou une Radeon RX 5600 XT de 6 Go. L’installation ne réclame que 12 Go d’espace disque, un poids léger face aux productions récentes. De quoi l’installer sans rien sacrifier, ce qui pose une autre question, celle de la valeur de ces jeux offerts.

Ce que valent vraiment les jeux offerts

Clash : Artifacts of Chaos coûte 29,99 € sur Steam, et 39,99 € dans sa Zeno Edition. Distribué gratuitement trois ans après sa sortie, il rejoint une longue liste de jeux offerts aux abonnés Prime, à l’image du jeu de tir de Squanch Games ajouté ce jeudi.

Pour un studio indépendant comme ACE Team, ce type d’opération offre une seconde vie à un jeu déjà amorti, auprès de joueurs qui ne l’auraient jamais acheté. Andres Bordeu le résumait auprès de NME : le vrai défi, pour tous les studios, reste d’être découvert. Une clé réclamée ne garantit pourtant pas une partie lancée, et c’est peut-être là que se joue la différence entre un jeu collectionné et un jeu réellement joué.

Télécharger le jeu gratuitement

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