Prime Gaming est le volet jeu vidéo de l’abonnement Amazon Prime : chaque mois, une poignée de jeux PC y sont distribués sous forme de codes à activer sur une boutique tierce, et ils restent ensuite dans votre bibliothèque sans limite de temps. La sélection d’août 2026 comporte neuf titres, et le plus imposant du lot s’appelle Steelrising, un action-RPG vendu 49,99 € sur Steam en temps normal.
Le jeu est disponible depuis le 13 août et son code s’active sur l’Epic Games Store. Rien d’exceptionnel en apparence, sauf que ce cadeau arrive quatre mois après la disparition du studio qui l’a fabriqué. Que reste-t-il à récupérer, et jusqu’à quand ?
Ce que l’offre Prime Gaming couvre exactement
Steelrising figure dans la vague du 13 août 2026, aux côtés de deux autres jeux. Le code se réclame depuis l’interface Prime Gaming et doit être activé avant le 16 septembre 2026 sur l’Epic Games Store. Passé cette date, l’offre disparaît, y compris pour les abonnés qui l’auraient réclamée sans l’activer.
Amazon a d’ailleurs pris son temps cette fois. La révélation de la sélection mensuelle est arrivée avec une semaine de retard, le premier jeudi d’août s’étant écoulé sans annonce, ce qui a suffi à faire douter une partie des abonnés sur la poursuite du programme. La liste est finalement tombée le 13 août, avec trois jeux immédiatement réclamables et six autres échelonnés sur les jeudis suivants.
Côté tarif, l’abonnement Amazon Prime est facturé 6,99 € par mois ou 69,90 € à l’année, soit l’équivalent de deux mois offerts. Prime Gaming n’est pas facturé à part : il s’ajoute à la livraison, à Prime Video et à Prime Reading, ce qui explique que ces distributions soient rarement comparées frontalement aux abonnements de jeu classiques.
Le détail qui compte pour un joueur PC tient à la nature du cadeau. Il ne s’agit pas d’un accès temporaire à un catalogue, comme sur un service par abonnement, mais bien d’une clé définitive sur une boutique tierce. Une fois le code activé, le jeu reste acquis même après résiliation de l’abonnement.
Paris 1789 confisqué par une armée d’automates
Steelrising se déroule dans une uchronie où la Révolution française tourne court. Louis XVI mate le soulèvement à l’aide d’une armée d’automates, et Paris vit sous la terreur mécanique. Le joueur incarne Aegis, un automate de garde rapprochée de Marie-Antoinette, seule contre les machines du roi, à travers une capitale méconnaissable.
Le cadre est la vraie signature du jeu. Les Tuileries, la Bastille et les faubourgs y sont reconstitués puis déformés par une esthétique de bronze et de rouages, avec un travail d’ambiance que peu de productions françaises se sont autorisées. La direction artistique a été saluée jusque dans les critiques les plus sévères sur le reste, ce qui en fait un des rares jeux à traiter la Révolution autrement qu’en décor.

Sorti le 8 septembre 2022 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, le jeu est classé chez Steam en action, aventure et RPG, uniquement en solo et uniquement sous Windows. Il n’y a ni coopération ni mode en ligne, ce qui reste cohérent avec un titre à budget intermédiaire assumé comme tel par son éditeur.
Un action-RPG exigeant qui ne pardonne pas
Steelrising appartient à la famille des soulslike, avec ce que cela implique de patrons d’attaque à mémoriser, d’endurance à gérer et de morts répétées. Spiders y a ajouté quelques amortisseurs, dont un mode d’assistance qui réduit la difficulté sans bloquer la progression. Le jeu reste malgré tout nettement plus dur que la moyenne des RPG français, et il a divisé à sa sortie pour cette raison autant que pour ses limites techniques.
À 49,99 €, le jeu se discutait. À zéro euro, l’arbitrage change complètement de nature : il suffit d’accepter d’y consacrer quelques heures pour savoir si le rythme vous convient, sans autre coût que l’espace disque. C’est exactement le type de titre que ces distributions mensuelles servent le mieux, un jeu de niche que peu de joueurs auraient acheté plein tarif.
Le dernier cadeau d’un studio qui n’existe plus
Spiders a été placé en liquidation judiciaire fin avril 2026 par le tribunal de commerce de Lille, faute de repreneur. Fondé en 2008 et racheté par Nacon en 2019, le studio parisien employait environ 70 salariés au moment de sa fermeture. Sa maison mère est elle-même engagée depuis le début de l’année dans une procédure de redressement judiciaire.
Le studio a annoncé la nouvelle lui-même, en indiquant que l’entreprise dans son ensemble n’existait plus. Un projet original en préproduction, baptisé Mist, a été abandonné, et le contenu additionnel de GreedFall : The Dying World sera finalisé par une autre entité. Spiders laisse derrière lui une dizaine de RPG, dont GreedFall, écoulé à plus de deux millions d’exemplaires selon Bpifrance.
Sa cofondatrice Jehanne Rousseau, décorée de l’Ordre national du Mérite en 2021, résumait ainsi sa manière de concevoir un jeu de rôle, trois ans avant la fermeture.
Mon travail est vraiment d’imaginer des aventures. Ce n’est pas quelque chose de linéaire comme dans un film ou un roman. On génère des possibles pour le joueur, on lui ouvre des portes, on le laisse naviguer, rêver ses propres choix, impacter et décider d’une histoire qui sera la sienne.
Jehanne Rousseau, cofondatrice de Spiders, sur la scène Plein Cadre de l’événement We are French Touch, 2023
Les autres jeux PC de la vague d’août
Steelrising n’arrive pas seul. Voici les huit autres titres distribués par Prime Gaming en août 2026, avec la boutique sur laquelle chaque code s’active.
- Right and Down et Hiveswap Friendsim, disponibles depuis le 2 août sur GOG ;
- Airship : Kingdoms Adrift, depuis le 13 août sur l’Epic Games Store ;
- Pyramids and Aliens : Escape Room, depuis le 13 août sur GOG ;
- Spray Paint Simulator et Royal Romances : Forbidden Magic, à partir du 20 août ;
- Havendock et Clash : Artifacts of Chaos, à partir du 27 août.
Le mois est moins fourni que d’habitude en volume, mais Steelrising à lui seul pèse plus lourd que la douzaine de titres distribués le mois précédent. La comparaison avec la quinzaine de jeux offerts début juin va dans le même sens : Amazon a resserré la quantité et relevé la valeur unitaire.
Les dates de fin diffèrent d’un titre à l’autre, et c’est le principal piège. Chaque jeu a sa propre échéance de réclamation et sa propre échéance d’activation, souvent décalée d’un mois supplémentaire, comme on l’avait déjà vu avec les onze jeux distribués au printemps.
Ce que la mécanique des codes change pour vous
Réclamer un code n’équivaut pas à posséder le jeu. Tant que la clé n’a pas été activée sur GOG, l’Epic Games Store ou l’application Amazon Games, elle reste suspendue à une date limite, et c’est là que la plupart des abonnés perdent des titres sans s’en apercevoir. Pour Steelrising, la barrière tombe le 16 septembre.
Reste une question que ce genre d’offre pose de plus en plus fréquemment : que vaut une bibliothèque constituée de jeux dont les studios ont fermé ? Steelrising continuera de fonctionner, mais plus personne ne le corrigera ni ne l’adaptera aux systèmes à venir. Sa préservation dépend désormais entièrement des boutiques qui l’hébergent.

