DOOM (2016) gratuit sur Prime Gaming

Amazon a ouvert le mois d’octobre avec deux jeux PC offerts à ses abonnés, et l’un d’eux pèse lourd dans l’histoire du jeu de tir. Depuis le 1er octobre 2026, Prime Gaming distribue une clé GOG de DOOM, le reboot signé id Software en 2016, sans contrepartie autre que l’abonnement Prime déjà payé.

Le jeu remet en scène le marine solitaire de 1993 dans une base martienne envahie par les démons, dans un jeu de tir qui interdit de se mettre à couvert. Vendu 19,99 € sur Steam comme sur GOG.com, il reste acquis définitivement une fois réclamé. Que contient exactement cette version distribuée par Amazon, et vaut-elle encore le détour dix ans après sa sortie ?

Une clé GOG à réclamer jusqu’au 4 novembre

L’offre suit la mécanique habituelle du service, avec quelques particularités propres à la boutique partenaire. Cinq éléments sont à vérifier avant de cliquer sur le bouton de réclamation.

  • Le jeu concerné : DOOM, l’épisode de 2016 développé par id Software et édité par Bethesda Softworks ;
  • Le support de réclamation : la page des jeux offerts de Prime Gaming, désormais intégrée à Amazon Luna ;
  • La clé délivrée : un code à activer dans la bibliothèque GOG, sans client obligatoire au lancement ;
  • La fenêtre d’offre : du 1er octobre au 4 novembre 2026 ;
  • La condition d’accès : un abonnement Amazon Prime actif au moment de la réclamation.

Le second titre de la fournée, Five Nights at Freddy’s : Into the Pit, passe quant à lui par l’Epic Games Store. DOOM est le troisième jeu de la série offert par Amazon en moins d’un mois, après la compilation des deux épisodes fondateurs le 10 septembre puis la suite directe parue en 2020 une semaine plus tard.

Le reboot qui a remis id Software sur les rails

Au moment de sa sortie, en mai 2016, la série sortait d’une longue traversée du désert. DOOM 3 remontait à 2004 et avait pris un virage horrifique qui divisait encore. Le studio texan a repris la formule à la racine : des arènes ouvertes, une vitesse de déplacement élevée et aucune régénération automatique de la santé.

Un Revenant squelettique armé de lance-roquettes d'épaule bondit au milieu d'autres démons
Capture officielle de DOOM publiée par Bethesda sur la fiche Steam du jeu.

Le pari a payé. Le jeu affiche une note de 85 sur Metacritic dans sa version PC, et sa bande-son metal composée par Mick Gordon a largement contribué à sa réputation. Le moteur id Tech 6, conçu pour l’occasion, tenait des cadences élevées sur des machines modestes, ce qui a fait de ce DOOM une référence technique de sa génération.

Cette réussite a fixé le cap de toute la suite. Le combat repose sur les exécutions au corps à corps, les glory kills, qui rendent de la santé, et sur la tronçonneuse, qui fournit des munitions. Le joueur est poussé vers l’ennemi plutôt qu’à couvert, un principe que la version offerte par Amazon conserve intact, même si elle ampute le jeu d’une partie de son contenu.

Une version GOG sans multijoueur ni SnapMap

La fiche produit de GOG.com le précise noir sur blanc : la version sans DRM de DOOM est exclusivement consacrée à la campagne solo. Le multijoueur en ligne disparaît, tout comme les fonctions connectées de SnapMap, l’éditeur de niveaux du jeu. Les contenus de SnapMap sont en revanche débloqués d’office.

Cette amputation s’explique par la nature même de la boutique, qui ne gère pas les serveurs de matchmaking de Bethesda. Sur Steam, la configuration minimale rappelle d’ailleurs qu’une activation et une connexion internet restent nécessaires pour le multijoueur et SnapMap. Le compromis colle pourtant à l’évolution de la série, dont le dernier épisode a renoncé de lui-même au jeu en ligne. Son producteur exécutif s’en expliquait sans détour.

Ce sont des choses que nous voulions faire dans le jeu depuis plusieurs épisodes, mais que nous ne pouvions pas faire parce que nous avions une composante multijoueur, que nous adorions.

Marty Stratton, producteur exécutif chez id Software, lors d’une séance de questions-réponses avec la presse rapportée par Game File le 23 janvier 2025

Pour qui cherche avant tout la campagne, la perte est donc limitée. Le mode multijoueur de 2016 n’a jamais été le point fort du jeu, et sa communauté s’est depuis largement reportée sur d’autres titres. Reste à savoir ce que la campagne propose réellement.

Une campagne construite autour du mouvement

L’histoire tient en quelques lignes : l’Union Aerospace Corporation a ouvert un passage vers les Enfers depuis son complexe de recherche sur Mars, et un seul marine se dresse entre les démons et la Terre. La narration s’efface vite derrière l’action, avec un arsenal qui mêle armes futuristes et classiques de la série comme le fusil à double canon ou le BFG 9000.

Youtube video
Bande-annonce de lancement de DOOM publiée par Bethesda Softworks sur sa chaîne officielle.

Chaque arme se décline en modules d’amélioration, et le marine gagne des runes qui modifient ses capacités. Les niveaux cachent des secrets et des défis optionnels qui prolongent nettement la campagne pour qui fouille chaque recoin. Le français figure parmi les dix langues listées par GOG.com pour cette version.

La progression mène des couloirs industriels de la base martienne jusqu’aux paysages des Enfers, avec une montée en puissance continue des ennemis. Une montée qui reste raisonnable du côté du matériel demandé.

Paysage infernal sous un ciel jaune, ossements géants et statue démoniaque au loin
Capture officielle de DOOM publiée par Bethesda sur la fiche Steam : la campagne mène des installations martiennes jusqu’aux Enfers.

Ce qu’il faut dans sa machine

La configuration minimale publiée par Bethesda accuse son âge, dans le bon sens. Un processeur Intel Core i5-2400 ou AMD FX-8320 suffit, accompagné de 8 Go de mémoire vive et d’une GeForce GTX 670 ou d’une Radeon HD 7870 dotées de 2 Go, sous Windows 7, 8.1 ou 10 en 64 bits.

Le poste le plus exigeant reste le stockage : 55 Go d’espace disque sont nécessaires, un chiffre élevé pour 2016 mais très en deçà des productions actuelles. La version GOG ne tourne que sous Windows, sans version macOS ni Linux native. Ces exigences modestes expliquent en partie pourquoi le jeu continue de circuler, des promotions aux abonnements.

Une trilogie moderne qui se lit dans l’ordre

Ce DOOM de 2016 ouvre une trilogie complétée par DOOM Eternal en 2020 puis par l’épisode médiéval sorti en 2025, qui raconte les origines du marine. Les trois jeux partagent la même philosophie de combat, chacun poussant un peu plus loin la vitesse et la verticalité, au point qu’Eternal surprend souvent ceux qui n’ont pas joué au premier.

L’offre d’Amazon tombe au moment où le jeu est aussi remisé à 3,99 € sur Steam et sur GOG.com, soit une baisse de 80 % sur le prix de référence. Le signal est clair : dix ans après sa sortie, Bethesda traite ce reboot comme une porte d’entrée vers la série plutôt que comme un produit à rentabiliser.

Pour le joueur, la question devient celle du support plus que du prix. Une copie GOG sans multijoueur, une copie Steam complète à quelques euros, ou les deux : le choix dépend de la place accordée au jeu en ligne, quand plus de trente ans de saga sur PC montrent que c’est surtout la campagne qui traverse le temps.

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