Cardpocalypse gratuit sur Epic Games Store

Les gratuités hebdomadaires de l’Epic Games Store suivent un rythme immuable : un jeu bascule à zéro le jeudi à 17 h, un autre prend sa place sept jours plus tard. Le prochain sur la liste s’appelle Cardpocalypse, un jeu de rôle solo dont tous les combats se règlent avec un jeu de cartes à collectionner. La boutique l’a confirmé au moment où l’offre précédente s’est refermée.

Le titre n’a rien d’une nouveauté, puisqu’il est sorti en 2019, mais il n’a jamais été offert, ni chez Epic ni ailleurs. Voilà qui pose la vraie question pour un joueur PC en 2026 : qu’est-ce qu’un jeu de cartes vieux de sept ans a encore à offrir face aux mastodontes du genre ?

Ce que couvre l’offre, et jusqu’à quand

Cardpocalypse sera récupérable gratuitement du jeudi 20 août 17 h au jeudi 27 août 17 h, heure de Paris. Une fois ajouté au compte pendant cette fenêtre, le jeu reste acquis définitivement, sans obligation de l’installer dans la foulée. D’ici là, c’est l’exploration en van de Caravan SandWitch qui occupe le créneau, jusqu’au 20 août également.

L’offre porte sur le jeu de base seul. Les deux contenus additionnels vendus séparément, l’aventure Out of Time et la bande originale, restent affichés à 7,99 $US chacun sur la fiche Epic et ne sont pas inclus. Le jeu de base, lui, y est listé à 24,99 $US hors promotion.

Le point notable tient à l’historique du titre. D’après GameRant, Cardpocalypse n’avait jamais été offert depuis sa sortie : son plus bas tarif observé restait 4,99 $, un palier atteint une douzaine de fois depuis 2024. La semaine du 20 août sera donc la première occasion de le récupérer sans rien payer, et il n’y en aura peut-être pas d’autre avant longtemps.

Une cour d’école des années 1990 envahie par des mutants

Le jeu vous met dans la peau de Jess, une gamine de dix ans en fauteuil roulant qui débarque à l’école élémentaire de Dudsdale. Dès son premier jour, elle fait accidentellement interdire Mega Mutant Power Pets, le jeu de cartes qui obsède toute la cour de récréation. Les élèves continuent d’y jouer en cachette, et les mutants des cartes finissent par apparaître pour de vrai dans les couloirs.

Derrière ce pitch, on trouve le studio irlandais Gambrinous, déjà auteur de Guild of Dungeoneering, et l’éditeur Versus Evil. La fiche Epic date la sortie du 19 septembre 2019 et annonce des textes en treize langues, français compris, pour une expérience strictement solo. La reconstitution des années 1990 tient une place centrale, entre disquettes, magazines de triche et négociations d’autocollants à la cantine.

Des decks de vingt cartes et des champions qui encaissent

Le système de combat repose sur quelques principes simples, mais qui se combinent vite. Voici ce qui structure une partie, d’après la fiche officielle du jeu.

  • Des decks de vingt cartes, construits autour d’une carte Champion rare qui sert de pièce maîtresse ;
  • Une victoire acquise dès que le Champion adverse tombe à zéro point de santé ;
  • Une évolution en forme MÉGA quand un Champion descend à la moitié de sa santé, avec plus de dégâts et de nouveaux pouvoirs ;
  • Des règles modifiables en cours de campagne, des cartes renommables et améliorables par autocollants, avec des choix définitifs.

Ce dernier point est celui qui distingue vraiment Cardpocalypse d’un jeu de cartes classique. Les modifications appliquées à une carte ne se reprennent pas : un autocollant posé l’est pour toute la partie, ce qui transforme la construction de deck en série de paris.

Le rythme reste celui d’un jeu de rôle narratif plutôt que d’un jeu compétitif, dans la lignée des jeux de cartes à histoire déjà offerts par la boutique, avec des quêtes à travers l’école pour gagner cartes et autocollants.

Jaquette de Cardpocalypse : quatre enfants en dessin animé face à une rangée de mutants, sous le logo du jeu
Le jeu de Gambrinous assume son esthétique de cour de récréation. Source : Epic Games Store.

Ce qu’en dit la critique et ce qu’il faut comme machine

La réception a été plutôt favorable à l’époque. La page Epic reprend les données d’OpenCritic : 88 % de recommandations de la critique et une moyenne de 83 sur les meilleurs avis, ce qui range le jeu dans la catégorie « très bien » du service. Les tests relevés y saluent surtout la clarté des mécaniques et la bande-son.

Youtube video
La bande-annonce de lancement publiée par l’éditeur Versus Evil.

Le second argument, c’est la configuration demandée. Cardpocalypse se contente de Windows 7, d’un Intel Core2 Duo à 2,4 GHz, de 4 Go de mémoire vive et d’une puce Intel HD Graphics 5000, pour 500 Mo d’espace disque seulement. Autant dire qu’il tourne sur à peu près n’importe quelle machine encore en service, portable de bureau compris.

Ce profil en fait un candidat évident pour une bibliothèque de secours, celle qu’on ouvre en déplacement ou sur un vieux PC. Ce qui amène une autre question, plus large que ce jeu-là : pourquoi une boutique dépense-t-elle de l’argent pour distribuer gratuitement des titres comme celui-ci ?

Pourquoi Epic distribue des jeux depuis fin 2018

Le programme de gratuités a démarré avec la boutique elle-même, fin 2018, et il ne s’est jamais interrompu. Les chiffres rapportés par PC Gamer donnent l’échelle : plus de 580 millions de jeux réclamés sur la seule année 2023, et 11,6 millions de dollars dépensés par Epic sur les neuf premiers mois du dispositif, montant révélé par les pièces du procès qui l’a opposé à Apple.

La logique n’est pas caritative, et le patron d’Epic ne s’en cache pas. Il compare ouvertement la dépense à un budget publicitaire classique.

Offrir des jeux peut sembler contre-intuitif comme stratégie, mais les entreprises dépensent de l’argent pour acquérir des utilisateurs dans les jeux. Pour environ un quart du prix que coûte l’acquisition d’utilisateurs via les publicités Facebook ou Google Search Ads, nous pouvons payer beaucoup d’argent à un développeur pour le droit de distribuer son jeu à nos utilisateurs, et amener de nouveaux utilisateurs sur l’Epic Games Store à un coût très économique.

Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, lors d’un point presse rapporté par PC Gamer le 16 août 2024.

Le rythme de 2026 confirme que le dispositif tient. Sur les trente-trois gratuités hebdomadaires de l’année, huit seulement se sont limitées à un jeu, les vingt-cinq autres en proposant deux jeux la même semaine. Cardpocalypse fait partie des semaines à un seul titre, ce qui rend statistiquement probable un retour au format double dès la semaine du 27 août.

Ce que ces rendez-vous du jeudi ont changé pour les joueurs PC

Huit ans de gratuités hebdomadaires ont installé une habitude : des dizaines de millions de comptes ouvrent le lanceur une fois par semaine sans intention d’acheter quoi que ce soit. Pour un catalogue indépendant sorti en 2019 et jamais bradé, c’est une seconde vie ; pour la boutique, c’est le seul levier d’acquisition qui ait vraiment fonctionné, de l’aveu même de son dirigeant, là où les exclusivités payées ont coûté cher pour un résultat discutable.

Reste à voir combien de ces bibliothèques gonflées débouchent sur des heures de jeu réelles. La question intéresse autant les développeurs, qui touchent une avance en échange de la visibilité, que les joueurs dont la liste s’allonge plus vite qu’elle ne se vide. Le cas d’un jeu de cartes de 500 Mo, jouable sur n’importe quel portable, est un bon test : rien n’empêche vraiment d’y jeter un œil, sinon le réflexe de récupérer sans ouvrir.

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