Tous les jeux offerts ne cherchent pas à vous faire transpirer. Havendock, une simulation de colonie construite au milieu de l’océan, fait partie des jeux PC que les abonnés Prime peuvent récupérer sans rien payer, et il se joue d’abord pour se détendre.
Sorti en version finale en avril 2025, ce jeu de gestion indépendant vous demande de bâtir un village flottant à partir de débris repêchés, puis de le transformer peu à peu en société de haute technologie. Vendu 19,50 € sur Steam, il a trouvé un public fidèle. Que vaut ce refuge flottant une fois offert ?
Une offre Prime Gaming valable jusqu’au 28 octobre
Havendock figure dans la sélection d’août détaillée par Amazon le 13 août sur le blog d’Amazon Games. Il a rejoint le catalogue le 27 août, le même jour que Clash : Artifacts of Chaos, deux semaines après la vague qui avait apporté Steelrising aux abonnés.
Contrairement à d’autres jeux de la sélection, il ne s’active pas sur l’Epic Games Store mais dans l’Amazon Games App, le lanceur PC d’Amazon. Il faut donc un abonnement Prime actif et ce logiciel installé sur votre machine. Selon le suivi de freetokeep.gg, qui s’appuie sur les flux officiels d’Amazon, l’offre court jusqu’au 28 octobre, ce qui laisse largement le temps de découvrir ce que le jeu propose.
Une colonie bâtie ponton après ponton
Tout commence avec un personnage que vous créez vous-même, seul sur une petite plateforme en pleine mer. D’après la fiche Steam du jeu, la progression s’articule autour de plusieurs activités :
- la récupération de ressources parmi les débris qui dérivent autour de la colonie ;
- la construction d’installations, de fermes et de cuisines pour devenir autonome ;
- l’élevage d’animaux, dont certains améliorent l’efficacité de la colonie ;
- l’accueil de nouveaux colons, à qui l’on apprend des tâches pour automatiser la production ;
- l’exploration d’îles lointaines en bateau et des fonds marins en sous-marin.
La technologie grimpe par paliers, du distillateur d’eau aux robots, puis aux centrales électriques et même jusqu’à la construction d’une fusée. Le jeu reste pourtant accessible, sans pression de temps ni menace permanente, comparable dans l’esprit à la gestion d’une colonie martienne, la survie en moins.
Un cycle de jour et de nuit rythme la vie du village, et chaque nouveau colon ajoute ses propres besoins en nourriture, en logement et en bien-être. Plus la colonie s’agrandit, plus il faut répartir le travail, mais le jeu vous laisse toujours maître du tempo, ce qui explique en partie son succès auprès des amateurs de parties apaisées.
Le projet d’un développeur solitaire
Havendock est l’œuvre d’un seul développeur, Yeo Ying Zhi, connu sous le pseudonyme YYZ. Selon PC Gamer, il avait mis en ligne une première version sur Itch.io après seulement six à huit semaines de travail, encore très instable, avant de s’associer à l’éditeur Pretty Soon, rejoint ensuite par IndieArk.

Le développeur n’a jamais rédigé de document de conception classique. Il fait évoluer le jeu à partir des retours de sa communauté, au point d’avoir donné une place centrale au bouton Discord dans le menu principal :
C’est la raison pour laquelle le bouton Discord du jeu est presque aussi grand que le bouton Jouer. Les deux sont importants, jouer et pouvoir bâtir cette communauté pour recueillir des avis, parce qu’une grande partie du jeu est guidée par les retours de la communauté dans ma façon de le développer.
Yeo Ying Zhi, développeur de Havendock, en entretien avec PC Gamer, publié le 7 février 2023
Ce parcours rappelle celui de nombreux créateurs qui choisissent de développer seul un jeu vidéo, en s’appuyant sur les joueurs plutôt que sur une feuille de route figée. La bande-annonce publiée sur la chaîne YouTube du développeur montre le rythme paisible qui fait son identité.
Des joueurs qui cherchent le calme plus que l’efficacité
L’équipe de Pretty Soon a mené des entretiens individuels avec des joueurs, en vidéo, pouvant durer jusqu’à 45 minutes. Elle s’attendait à des remarques sur les systèmes de jeu, et a surtout recueilli des témoignages sur le sentiment procuré par le jeu, rapporte PC Gamer.
Certains y jouent en regardant la télévision, d’autres pour décompresser une heure après le travail en pêchant et en ramassant des caisses. Plusieurs le comparent à Stardew Valley, non pour ses mécaniques mais pour son ambiance. Sur Steam, plus de 1 500 recommandations d’utilisateurs accompagnent aujourd’hui la fiche du jeu, et une extension payante, Wizard Island, est proposée à 4,99 €.
L’éditeur en a tiré une leçon sur la manière de présenter le jeu. Konrad Wałkuski, de Pretty Soon, reconnaissait auprès de PC Gamer que l’équipe hésitait encore entre deux étiquettes, jeu de gestion de colonie ou simulation de vie, et que la réponse viendrait des joueurs eux-mêmes. Côté technique, le jeu se montre tout aussi accueillant.
Une configuration à la portée de presque tous les PC
Havendock n’a rien d’exigeant. En configuration minimale, la fiche Steam demande un processeur double cœur à 3 GHz, 4 Go de mémoire vive et une carte graphique de la série GTX 700, avec DirectX 11 et Windows 7 en 64 bits.
La configuration recommandée se contente d’un processeur quatre cœurs, de 8 Go de mémoire vive et d’une GTX 1050. L’installation occupe à peine 1 Go d’espace disque, de quoi le faire tourner sur un ordinateur portable modeste, idéal pour une partie tranquille sur le canapé.
Une gratuité qui profite aux petits studios
Havendock n’en est pas à sa première distribution gratuite. D’après freetokeep.gg, il avait déjà été offert pendant une semaine sur l’Epic Games Store, du 26 mars au 2 avril 2026. Ces opérations répétées permettent à un projet indépendant de toucher des joueurs qui ne l’auraient pas remarqué dans le flot des sorties.
Pour un jeu construit avec sa communauté, chaque nouveau joueur compte double : il découvre le jeu et peut aussi peser sur ses prochaines mises à jour. Reste une question que chaque abonné tranchera à sa façon, entre un jeu ajouté à une bibliothèque déjà pleine et une colonie réellement bâtie au fil des soirées.

