Capcom solde son passé au moment de fêter son présent. Dragon’s Dogma: Dark Arisen, action-RPG en monde ouvert arrivé sur PC le 15 janvier 2016, tombe à 4,79 € au lieu de 29,99 € sur Steam, soit 84 % de remise. L’offre fait partie des Capcom TGS Deals, l’opération que l’éditeur a ouverte sur la boutique avant le Tokyo Game Show, dont l’édition 2026 débute le 17 septembre.
Un jeu à moins de cinq euros ne se juge pas comme une nouveauté à soixante. La question n’est plus de savoir s’il vaut son prix, mais s’il vaut vos vingt gigaoctets et vos soirées. Dark Arisen a dix ans sur PC, une réputation de RPG rugueux et un système de compagnons que personne n’a vraiment copié depuis. Que reste-t-il de ce monde ouvert une décennie après son portage ?
Une remise de 84 % qui court jusqu’au 21 septembre
La fiche Steam est sans ambiguïté : 29,99 € barrés, 4,79 € affichés, et une mention d’offre spéciale qui prend fin le 21 septembre. Comme les promotions de la boutique se coupent à 10 h heure du Pacifique, cela vous laisse jusqu’à 19 h heure de Paris ce jour-là pour trancher, soit une petite douzaine de jours.
Cette baisse n’est pas isolée. Les Capcom TGS Deals couvrent une large part du catalogue de l’éditeur sur Steam jusqu’à cette même date, avec la série Resident Evil en tête d’affiche, dont un remake d’horreur déjà passé sous dix euros cet été. Dark Arisen figure parmi les baisses les plus fortes de l’opération, ce qui n’a rien d’étonnant pour un titre de cette ancienneté.
Le repère utile reste le prix catalogue. À 29,99 €, le jeu se vendait déjà comme un fond de rayon, la version PC étant elle-même un portage tardif d’un titre console paru en 2012. Les 4,79 € demandés aujourd’hui le rangent dans la catégorie des achats qu’on ne regrette pas, à condition de savoir ce que l’on installe.
Trois pions, neuf vocations et une hydre à décapiter
La singularité du jeu tient à ses compagnons. Vous n’y recrutez pas des personnages écrits, vous créez et entraînez des pions, des alliés contrôlés par l’ordinateur qui apprennent de vos combats et se prêtent entre joueurs. Trois pions accompagnent le héros à chaque expédition, selon la fiche officielle du jeu.
- chaque pion combat de façon autonome et retient ce qu’il a vu, points faibles des monstres compris ;
- les joueurs PC prêtent et empruntent leurs pions en ligne, ce qui rapporte des trésors et des conseils de stratégie ;
- neuf vocations sont proposées, chacune avec sa palette de compétences et son équipement à améliorer.
Le reste du système suit la même logique physique. On grimpe sur les griffons pour les affronter en plein vol, on tranche les quatre têtes d’une hydre, on cherche un point faible plutôt qu’une barre de vie à vider. Cette verticalité des affrontements reste rare dix ans plus tard, dans un genre qui a pourtant beaucoup produit.
Encore faut-il savoir ce que recouvre l’édition vendue sur Steam. Le jeu a connu plusieurs versions depuis 2012, entre l’original console, son extension et les rééditions successives, et toutes ne contiennent pas la même chose.
Ce que contient réellement cette édition
La page produit détaille son périmètre : tous les DLC déjà parus, les bonus de précommande, les contenus exclusifs et l’extension Dark Arisen elle-même. Le Récif de l’Amertume, un royaume souterrain entier, s’ajoute au monde de base et constitue le cœur de cette extension, avec ses monstres et ses neuf succès dédiés.

Un seul contenu payant subsiste à côté, la Masterworks Collection à 19,99 €, qui n’est en rien nécessaire pour boucler l’aventure. Le jeu compte 59 succès Steam au total, un chiffre qui donne une idée de la longueur du périple. Ce volume explique aussi pourquoi le titre a gardé un public.
Un accueil qui ne s’est pas démenti en dix ans
La critique de l’époque avait été bonne sans être unanime. Metacritic crédite la version PC d’un score de 81 sur 100, ce qui situe le jeu dans la zone des très bonnes sorties de 2016 sans le hisser au rang des incontournables.
Le verdict des joueurs francophones est nettement plus chaleureux. Sur Steam, les évaluations en français sont classées très positives, avec 85 % d’avis favorables sur 688 retours. Le signal le plus parlant vient des trente derniers jours : 83 % des 114 nouvelles évaluations restent positives, preuve que le jeu continue d’être acheté et joué.
Un titre de dix ans qui récolte encore une centaine d’avis par mois n’est pas un fond de catalogue mort. Il est exactement le genre de licence qu’un éditeur a intérêt à réveiller, et Capcom ne s’en cache pas.
Capcom rouvre méthodiquement ses tiroirs
L’éditeur japonais passe la décennie à ressortir son propre passé. Onimusha: Way of the Sword, premier épisode principal de la série depuis vingt ans, a dépassé le million de ventes dès son jour de lancement et porté la franchise à dix millions d’unités écoulées, d’après les chiffres communiqués par Capcom début septembre. Ce résultat valide une stratégie assumée depuis plusieurs exercices.
L’éditeur l’a formulé lui-même en commentant ces ventes, dans une déclaration relayée par PC Gamer le 7 septembre 2026. Il y décrit une politique de réactivation de ses licences dormantes, menée en parallèle de ses sorties majeures annuelles.
Capcom se concentre sur la réactivation d’IP qui n’ont pas eu de nouveau titre récemment.
Capcom, communication sur les ventes d’Onimusha: Way of the Sword, propos rapportés par PC Gamer le 7 septembre 2026
Dragon’s Dogma illustre ce mouvement mieux que n’importe quel autre titre du catalogue. La suite est sortie en 2024, la licence a retrouvé une actualité, et brader l’épisode fondateur à moins de cinq euros revient à recruter des joueurs pour la prochaine étape. La recette se retrouve ailleurs sur Steam, entre son hack and slash le plus nerveux et sa chasse au monstre la plus récente. La remise n’est jamais une fin en soi, elle prépare le catalogue suivant.
Une configuration de 2016 qui n’effraie plus personne
Le ticket d’entrée matériel est dérisoire aujourd’hui. Capcom réclame au minimum un Intel Core i5 660, 4 Go de mémoire vive et une Radeon HD 5870, et recommande un Core i7-4770K accompagné de 8 Go et d’une GeForce GTX 760. Comptez 20 Go d’espace disque et DirectX 9.0c.
Le jeu est traduit en français en interface et en sous-titres, l’audio restant en anglais, sur sept langues prises en charge. Il gère nativement les manettes Xbox et DualShock, le Steam Cloud, le partage familial et le Remote Play sur téléphone, tablette et téléviseur. Un portage sobre mais complet, qui n’a pas vieilli côté confort.
Ce que raconte un monde ouvert vendu 4,79 euros
Moins de cinq euros pour une aventure qui se compte en dizaines d’heures, le rapport paraît absurde. Il l’est moins qu’il n’y paraît : ce prix ne rémunère plus le développement, amorti depuis longtemps, il achète une place dans une bibliothèque et une habitude de jeu.
Le pari de l’éditeur se joue sur la suite. Un joueur qui découvre les pions en 2026 devient un client potentiel pour le prochain épisode, et les 114 évaluations déposées ce mois-ci montrent que le mécanisme fonctionne encore. La remise sert d’entonnoir, pas de liquidation.
Reste la question que ces opérations posent en creux. Un catalogue accumulé à coups de promotions à 84 % ne se joue pas plus vite pour autant, et l’écart entre la bibliothèque et le temps disponible se creuse à chaque Tokyo Game Show. Le 21 septembre tranchera pour ce titre-là.

