Chaque jeudi, l’Epic Games Store rebat ses cartes et remplace ses cadeaux de la semaine. Nova Lands est un jeu de construction d’usine et d’exploration en pixel art, dans lequel on colonise une planète inconnue en automatisant progressivement toute sa production. Développé par le studio brésilien BEHEMUTT et édité par HypeTrain Digital, il devient gratuit du 9 au 16 juillet, à récupérer et à conserver définitivement.
L’offre démarre à 17 heures, heure de Paris, et remplace la fournée précédente. Le jeu est affiché 19,99 € hors promotion, soit l’équivalent de deux places de cinéma. Que vaut vraiment ce cadeau, au-delà de l’économie immédiate ?
Une semaine pour l’ajouter définitivement à sa bibliothèque
La mécanique est rodée depuis des années. Un compte Epic suffit, le jeu s’ajoute d’un clic et reste acquis même si vous ne l’installez jamais. La fenêtre se referme le 16 juillet à 17 heures, moment précis où deux nouveaux titres prendront le relais sur la vitrine de la boutique.
Nova Lands n’arrive pas seul : le simulateur de gestion Tattoo Tycoon, signé du studio allemand Crazy Bunch, l’accompagne dans la même fournée. Sur Steam, où le jeu est également vendu, il s’affiche à 9,99 € pendant les soldes d’été, ce qui donne une idée assez nette de l’économie réalisée en passant par la boutique d’Epic.

Factorio, Forager et Satisfactory dans le même bac à sable
La fiche officielle du jeu ne s’embarrasse pas de circonvolutions : mélangez Factorio, Forager et Satisfactory, et vous obtenez Nova Lands. La formule est vendeuse, elle est aussi assez juste. Le joueur atterrit sur une planète morcelée en îles, récolte du bois et de la pierre, puis bascule peu à peu vers des matériaux rares qui débloquent de nouveaux bâtiments.
La progression suit une courbe familière aux amateurs du genre. Chaque construction ouvre une possibilité supplémentaire, chaque optimisation libère du temps pour explorer. Sorti le 22 juin 2023, le titre s’est taillé une petite réputation dans une niche pourtant encombrée, aux côtés d’autres classiques de l’usine automatisée comme le puzzle industriel de Zachtronics offert par le passé.
La différence tient au ton. Là où Factorio installe une tension permanente, Nova Lands cultive une nonchalance presque contemplative, avec ses créatures qu’on peut amadouer par des cadeaux plutôt qu’abattre au blaster. Le pacifisme intégral y constitue une manière de jouer viable, boss compris.
Des robots qui font tourner l’usine à votre place
Le cœur du jeu tient en un mot : les bots. Ces petites machines autonomes se configurent en quelques clics, puis prennent en charge des chaînes logistiques entières, de l’extraction à l’assemblage. Elles constituent le seul véritable outil d’automatisation du titre, et toute l’ingéniosité du joueur consiste à les agencer pour qu’elles se suffisent à elles-mêmes.

Le système montre ses limites une fois la partie bien avancée. Le plafond de cinq robots par île, régulièrement pointé du doigt par les joueurs, bride l’ambition industrielle en fin de parcours et impose des allers-retours fastidieux. L’absence de système de priorités entre les tâches ajoute une couche de frustration à ceux qui aiment optimiser jusqu’au dernier convoyeur.
Ce qu’il faut savoir avant de lancer la première île
Récupérer un jeu gratuit ne dispense pas de vérifier ce qu’il réclame réellement à votre machine et à votre emploi du temps. Quelques repères pratiques avant de cliquer :
- la configuration minimale reste modeste, avec 4 Go de mémoire vive et 850 Mo d’espace disque ;
- le jeu est intégralement traduit en français, interface et sous-titres, parmi quinze langues disponibles ;
- il se pratique exclusivement en solo, sans mode coopératif ni multijoueur ;
- 24 succès jalonnent la progression, de la première chaîne de production à la colonisation complète ;
- le contenu additionnel Supporter Pack reste payant et n’entre pas dans l’offre.
Le profil dessiné est celui d’un jeu de fond, à reprendre par sessions longues plutôt qu’entre deux parties compétitives. Les habitués des simulations de gestion offertes par la boutique y retrouveront une logique voisine, transposée dans un décor de science-fiction.
Un accueil très positif malgré des réserves sur la fin de partie
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur Steam, 90 % des 2 489 évaluations sont positives, ce qui vaut au jeu la mention très positives depuis sa sortie. La critique salue une boucle de jeu prenante, capable d’avaler une soirée entière sans qu’on s’en rende compte, ainsi qu’une direction artistique pixel art lisible et colorée.
Les réserves portent presque toutes sur le même point. Plusieurs testeurs relèvent que le titre s’essouffle dans son dernier tiers, une fois les technologies débloquées et les îles conquises. Le tassement se lit dans les évaluations récentes, tombées à 62 % d’avis positifs sur un échantillon réduit de seize retours au cours des trente derniers jours.
Cette réception dessine un jeu qui donne le meilleur de lui-même sur ses vingt premières heures. Rien de rédhibitoire pour un titre offert : la gratuité change complètement le rapport entre attente et satisfaction, et autorise l’essai sans arbitrage financier.
Un bon jeu doit être facile à apprendre et difficile à maîtriser.
Nolan Bushnell, fondateur d’Atari, principe de conception formulé dans les années 1970
Ce que la fournée hebdomadaire d’Epic dit du marché
Offrir chaque semaine deux jeux depuis 2018 n’a jamais relevé de la philanthropie. Epic achète de l’attention et des comptes actifs sur une boutique qui reste loin derrière celle de Valve, et les studios y gagnent une visibilité qu’aucune campagne publicitaire ne leur offrirait. Un titre indépendant de 2023 comme celui-ci trouve ainsi une seconde vie commerciale, souvent suivie d’un pic de ventes sur les autres plateformes.
Le mouvement s’est banalisé au point que d’autres acteurs l’ont adopté, de Prime Gaming aux périodes de gratuité temporaire sur Steam. Ce qui se joue en filigrane, c’est la valeur accordée à une bibliothèque qu’on ne lancera jamais. Les deux titres offerts la semaine dernière ont déjà rejoint des millions de comptes, sans qu’on sache combien y ont réellement passé une heure.

