Blue Prince repasse sous la barre des 18 € sur Steam. Le jeu de Dogubomb, sorti le 10 avril 2025, est affiché à 17,99 € au lieu de 29,99 € jusqu’au 6 septembre, soit une remise de 40 % sur la boutique française.
Blue Prince est un jeu d’aventure et de réflexion à la première personne dans lequel on explore un manoir dont le plan change à chaque journée de jeu. Derrière chaque porte fermée, le joueur choisit lui-même la pièce qui va apparaître, et cette mécanique de tirage rapproche le titre des roguelites autant que des jeux d’énigmes classiques. Le prix est déjà descendu à ce niveau par le passé, ce qui pose une question simple avant de sortir la carte bleue : cette remise vaut-elle la peine d’être saisie maintenant ?
Le détail de l’offre sur Steam
L’opération a été lancée le 23 août par l’éditeur Raw Fury sous l’étiquette Offre spéciale, un format de promotion indépendant des soldes saisonnières de Valve. Elle court sur deux semaines pleines et concerne l’édition standard du jeu, sans bundle ni contenu additionnel.
- prix affiché sur la boutique française : 17,99 € au lieu de 29,99 € ;
- remise de 40 %, soit 12 € d’économie sur le tarif de référence ;
- fin de l’opération annoncée le 6 septembre, en fin de journée heure de Paris ;
- quatrième passage du jeu à ce niveau de remise depuis sa sortie.
Le tarif atteint ici correspond au plancher historique du jeu sur Steam, déjà touché à la fin du mois de mai 2026. Aucune remise plus forte n’a été pratiquée sur la plateforme depuis avril 2025, ce qui fait de cette fenêtre le meilleur moment d’achat à ce jour pour qui n’a pas encore franchi le pas.
Un manoir qui se redessine chaque jour
On y incarne Simon P. Jones, héritier du domaine de Mount Holly, chargé de retrouver la chambre 46 pour toucher son legs. Le manoir n’en compte officiellement que 45, et c’est tout le nœud de l’affaire. Chaque porte franchie propose un tirage de pièces parmi lesquelles il faut choisir, ce qui revient à dessiner soi-même le plan de la maison, salle après salle.
La progression se réinitialise à la fin de chaque journée de jeu. Les pièces visitées disparaissent, les objets ramassés aussi, et seules quelques améliorations permanentes du domaine subsistent d’une session à l’autre. Ce qui reste vraiment acquis, c’est la connaissance du joueur : les codes notés sur un carnet, les liens compris entre deux mécanismes, les théories testées la veille. Le savoir tient lieu de progression, ce qui distingue nettement le titre des jeux d’énigmes à solution unique.

Une enquête se superpose à cette exploration, autour de la disparition d’une autrice de livres pour enfants nommée Marion Marigold. Les indices sont dispersés dans les pièces les plus difficiles à faire apparaître, ce qui pousse à replonger dans le manoir bien après avoir compris ses règles de base. Le style graphique dessiné à la main, développé pendant un an avec le directeur artistique Davide Pellino, ajoute à cette impression de plan d’architecte que l’on remplit au crayon.
Une réception critique qui a marqué 2025
Le jeu affiche une moyenne de 89 sur 100 chez les critiques recensés par OpenCritic, sur plus de 120 tests, avec 96 % de recommandations. Côté joueurs, Steam totalise plus de 14 300 avis d’utilisateurs classés très positifs, un volume conséquent pour un premier jeu signé par un studio de Los Angeles qui n’avait rien publié auparavant.
Ces chiffres placent Blue Prince dans le haut du panier des sorties indépendantes de 2025, aux côtés des cartons venus de nulle part comme les succès surprises de la scène indépendante qui ont ponctué l’année suivante. La configuration requise reste modeste : un Core i5-2300 ou un Ryzen 3 1200, 16 Go de mémoire vive, une GeForce GTX 1060 et 6 Go d’espace disque suffisent.
Ce que son créateur dit de sa conception
Tonda Ros, créateur et directeur du jeu, a détaillé sa méthode dans un entretien accordé à Game Rant peu avant la sortie. Il y décrit un titre volontairement dépourvu de tutoriel, où les systèmes se découvrent par tâtonnement plutôt que par explication. L’équipe a testé le jeu auprès de joueurs depuis 2020, soit quatre années d’observation avant le lancement pour calibrer la difficulté.
L’expérimentation est un pilier central du jeu. Il n’y a aucune prise par la main au départ, et c’est à chaque joueur de comprendre les règles cachées qui gouvernent la maison et ce monde.
Tonda Ros, créateur et directeur de Blue Prince chez Dogubomb, dans un entretien accordé à Game Rant le 3 mars 2025
Cette philosophie explique la nature des retours polarisés que l’on trouve encore sur les forums. Le jeu ne s’excuse jamais de son opacité, et il demande un carnet, un crayon et un peu de patience. Plusieurs solutions existent pour la majorité des énigmes, ce qui laisse une marge de manœuvre appréciable à qui bloque sur une piste.
Une moisson de récompenses face à Clair Obscur
La saison des prix 2025 a été dominée par Clair Obscur : Expedition 33, mais Blue Prince s’est glissé partout dans les palmarès. Il figurait parmi les douze nommés au titre de jeu de l’année aux Golden Joystick Awards, où il a perdu la récompense suprême mais remporté le prix du meilleur jeu indépendant. Aux Indie Game Awards, il a raflé les distinctions de jeu de l’année et de l’innovation, plus une demi-douzaine d’autres honneurs.
Aux Game Awards, en revanche, ses deux nominations dans les catégories indépendantes se sont soldées par deux défaites, face au même concurrent français. Un premier jeu qui termine l’année à ce niveau reste une anomalie statistique dans une industrie où les suites et les licences trustent les podiums.
Le trailer donne une idée assez juste du rythme du jeu, entre déambulation calme et manipulation de plans. Il ne dévoile en revanche presque rien des couches profondes du manoir, ce que la plupart des tests ont salué comme une retenue rare. Le jeu se raconte mal et se joue bien, ce qui explique la difficulté qu’ont eue les critiques à en parler sans le déflorer.
Un point d’entrée à 18 euros dans un genre à part
À ce tarif, Blue Prince coûte moins cher qu’une remise comparable sur un autre indé encensé, pour une durée de vie qui se compte en dizaines d’heures chez la plupart des joueurs. Le genre du jeu d’énigmes ne manque pourtant pas d’offres gratuites, à l’image d’un autre jeu d’énigmes récemment offert sur une boutique concurrente. La comparaison tourne ici sur la profondeur plutôt que sur le prix affiché.
La vraie inconnue reste la tolérance de chacun à l’incertitude. Blue Prince suppose d’accepter de perdre des journées entières de jeu sans avancer visiblement, en échange de révélations qui arrivent d’un coup, plusieurs heures plus tard. Le manoir récompense l’obstination avant l’adresse, et cette promesse-là ne se juge honnêtement qu’une fois la première porte poussée.

