Les jeux d’horreur coopératifs se sont multipliés sur PC depuis quatre ans, portés par des équipes minuscules et des sessions courtes entre amis. Together After Dark appartient à cette famille : un survival-horror psychologique pour un à quatre joueurs, où une bande d’adolescents coincés dans une forêt doit trouver la sortie sans se faire repérer. Le jeu est signé RedForge et il est sorti le 19 janvier 2025, après sept mois d’accès anticipé entamés le 18 juin 2024.
L’Epic Games Store le propose actuellement à -100 %, en dehors de sa vague hebdomadaire habituelle. Ce type de gratuité n’est pas orchestré par la boutique mais par le studio lui-même, qui décide d’ouvrir son catalogue pendant quelques jours. Reste à savoir jusqu’à quand l’offre tient et ce que vaut réellement le jeu une fois ajouté à la bibliothèque : c’est ce que la suite détaille.
Une gratuité qui court jusqu’au 2 septembre au petit matin
La fiche Epic affiche une remise de 100 % sur le jeu de base, avec une fin de promotion fixée au 2 septembre 2026 à 4h04, heure de Paris. La fenêtre est donc plus courte qu’elle n’en a l’air pour qui découvre l’offre ce week-end : il reste moins de trois jours pleins. Une fois réclamé, le jeu reste acquis définitivement sur le compte, sans condition de durée ni d’abonnement.
Le titre n’est pas un logiciel gratuit à l’année. Sur Steam, il est affiché 2,99 € hors promotion, et il fait l’objet en ce moment d’une réduction de 40 % qui le ramène à 1,79 € jusqu’au 11 septembre. Les deux opérations se chevauchent donc, mais seule la version Epic est réellement offerte, la version Steam restant payante.
Selon le comparateur GamerPower, qui recense les distributions gratuites du moment, plus de 128 100 joueurs avaient déjà récupéré le jeu au matin du 30 août. Le chiffre situe l’ampleur de l’opération pour une production indépendante de cette taille, et il explique aussi la vague d’avis récents que le titre encaisse depuis quelques semaines.
Quatre adolescents, une forêt et une caméra à la main
La proposition tient en une boucle simple. Quatre joueurs incarnent des adolescents lâchés dans une forêt nocturne, filmée à la première personne dans une esthétique de found footage, et doivent progresser sans se faire voir par ce qui rôde. La mort est définitive sur une partie, ce qui transforme chaque erreur d’un coéquipier en problème collectif.
Le studio ne cache pas le registre. La fiche Steam prévient que le jeu contient de la violence graphique, des images dérangeantes et des effets de sursaut sonores appuyés, et l’ESRB le classe Teen pour sang et violence. Les tags communautaires les plus posés sur la page confirment l’orientation : exploration, mort permanente, horreur psychologique et simulation de marche arrivent en tête.

Un accueil critique qui n’a jamais fait l’unanimité
Les chiffres publics dessinent un jeu clivant. Sur Steam, Together After Dark obtient 53 % d’avis positifs sur 393 évaluations depuis sa sortie, ce que la plateforme classe en évaluations moyennes. Les trente derniers jours sont plus durs encore, avec 36 % de retours positifs sur onze avis, soit une tendance plutôt négative.
Du côté d’Epic, la note attribuée par les joueurs de l’écosystème s’établit à 3,3 sur 5. L’écart entre les deux boutiques reste modeste et raconte la même chose : une ambiance saluée, une exécution technique et une durée de vie qui divisent. Le studio a d’ailleurs mis fin au développement au printemps, en assumant publiquement les défauts du jeu.
Il s’agit de la dernière mise à jour de Together After Dark. Merci pour votre soutien, et je suis désolé pour les bugs et les erreurs commis en chemin.
RedForge, annonce de fin de développement publiée sur la page Steam du jeu, 3 avril 2026
Cette annonce du 3 avril 2026 ferme la porte à toute correction ultérieure. La version disponible aujourd’hui est la dernière, et c’est aussi la plus aboutie que le studio a pu livrer avant de basculer sur un autre projet.
Ce qu’il faut vérifier avant de lancer le téléchargement
Quatre points méritent un coup d’œil avant d’ajouter le jeu à la bibliothèque :
- la configuration minimale demande un Ryzen 3600, 8 Go de mémoire vive et une GTX 1060 en 4 Go, sous Windows 10 64 bits en version 20H2 ;
- la configuration recommandée grimpe à 16 Go de mémoire vive et une RTX 2070 en 6 Go, pour 4 Go d’espace disque et DirectX 12 ;
- l’interface est traduite en français, mais les voix et les sous-titres n’existent qu’en anglais ;
- la coopération se joue exclusivement en ligne, sans écran partagé ni mode local.
La liste des succès donne une idée du ton employé. Le jeu en compte neuf sur Steam et dix sur Epic, avec des intitulés comme First Jump Scare, Everyone’s Dead ou Four Survivors qui annoncent clairement la place accordée à l’échec collectif dans la progression.
Une connexion internet haut débit figure aussi parmi les prérequis affichés par le studio. Rien d’inhabituel pour un jeu pensé pour quatre joueurs, mais le point mérite d’être noté par ceux qui espéraient une session solo hors ligne, techniquement possible mais nettement moins intéressante.
Un jeu figé depuis avril, et c’est un paramètre
Récupérer un titre dont le développement est clos n’a rien d’anormal, mais cela change la nature de l’achat. Aucun correctif ne viendra régler les problèmes signalés dans les avis récents, et aucun contenu supplémentaire n’est prévu. Ce que le joueur télécharge aujourd’hui est exactement ce qu’il aura dans six mois.
Pour une gratuité, l’arbitrage est simple : le risque se limite aux 4 Go d’espace disque et au temps passé à monter une équipe. L’Epic Games Store distribue en parallèle sa vague hebdomadaire de jeux offerts, ce qui permet de tester plusieurs propositions dans la même soirée sans rien dépenser.
L’horreur coopérative, terrain d’essai des studios minuscules
Le genre est devenu le laboratoire des toutes petites structures. Une forêt, quatre lampes torches, une créature et un système de mort permanente suffisent à produire une expérience mémorable, quand des studios bien plus dotés peinent à installer la même tension. C’est ce qui explique la vitalité du segment, de l’horreur coopérative à quatre joueurs jusqu’aux expériences plus intimistes comme un autre titre d’horreur distribué gratuitement plus tôt cet été.
La contrepartie apparaît dans les notes. Un développeur seul livre rarement une production sans accroc, et la fenêtre de correction se referme vite quand le projet suivant appelle. Ce qui se joue derrière ces gratuités successives ressemble moins à une opération commerciale qu’à une manière, pour un studio isolé, de laisser une trace jouable avant de passer à autre chose.
