Une sorcière sur un balai, trois niveaux peuplés de citrouilles et de corbeaux, une poignée de sorts colorés : Witchcraft: Candy Hunt tient dans 200 Mo et se boucle en une soirée. Le jeu de PixelCrown Games est un shoot’em up à défilement horizontal, sorti sur Steam le 5 septembre 2023, et il s’ajoute à votre compte sans rien payer, sans code à saisir ni fenêtre de récupération à surveiller.
Ce statut a pourtant failli ne plus rien vouloir dire. Le studio a annoncé le 9 septembre le retrait du titre de la boutique, avant de revenir publiquement sur sa décision trois jours plus tard. Entre les deux, les joueurs se sont manifestés en nombre. Que reste-t-il à récupérer aujourd’hui, et pourquoi ce genre d’aller-retour mérite-t-il un coup d’œil ?
Un shoot’em up d’Halloween qui tient dans 200 Mo
Le principe se résume vite. Vous pilotez une sorcière qui traverse une forêt, un cimetière et un château, en dégommant des monstres citrouille, des corbeaux et des fantômes. Cinq types de sorts se relaient selon les situations : balles bleues appuyées, laser vert, projectiles jaunes à tête chercheuse, vague rose et tir violet double. Les vies sont infinies et des points de contrôle jalonnent chaque niveau, ce qui change la nature de l’exercice : on n’y meurt pas, on y progresse.

Trois modes de difficulté encadrent l’ensemble. Le mode Rainbow allège la densité d’ennemis pour les joueurs qui découvrent le genre, le mode modéré sert de réglage par défaut, le mode Hostile ajoute des adversaires et remonte l’agressivité. Chaque niveau se termine par un mini-boss puis un boss, avec des schémas d’attaque en plusieurs phases. C’est court, assumé comme tel, et pensé pour une session unique plutôt que pour un suivi au long cours.
Côté machine, la barre reste basse. La fiche Steam réclame Windows 7, un processeur d’entrée de gamme de 2014, 2 Go de mémoire vive, DirectX 10 et 200 Mo d’espace disque. Le jeu est proposé en français et en anglais, avec une compatibilité manette complète et le partage familial Steam. Aucune version Mac ou Linux n’existe, ce qui reste le point de friction principal sur ce type de production.
Le retrait de la boutique annoncé, puis abandonné en trois jours
Le 9 septembre au matin, PixelCrown Games publie une annonce sobre sur la page du jeu : Witchcraft: Candy Hunt va quitter la boutique Steam. Le studio y remercie ses joueurs, rappelle que les comptes qui possèdent déjà le titre y garderont accès normalement, et oriente vers son projet en cours, GODSCALE. Le plan initial, précisé plus tard, consistait à basculer le jeu sur itch.io pour qu’il ne disparaisse pas totalement.
La réaction n’a pas traîné. L’annonce a récolté quinze commentaires et un accueil partagé, avec vingt-deux votes positifs contre huit négatifs. Trois jours plus tard, le 12 septembre, le studio publie un second message au titre sans ambiguïté, Coup de théâtre : il s’avère que des gens jouent vraiment à ce jeu. Ce second billet a réuni 107 votes positifs pour 3 négatifs, soit un rapport inverse du premier.
Nous pensions sincèrement que tout le monde se fichait de notre petit jeu gratuit. Notre plan initial était de le retirer de Steam. Nous sommes à l’écoute de nos joueurs et nous ne voulons pas vous décevoir.
PixelCrown Games, annonce publiée sur la page Steam de Witchcraft: Candy Hunt, le 12 septembre 2026
Une mise à jour promise avant fin octobre, et GODSCALE derrière
Le studio ne s’est pas arrêté au maintien du jeu. Il annonce dans le même message une mise à jour destinée à corriger les bugs restants d’ici la fin du mois d’octobre, calendrier qui colle assez logiquement à la période d’Halloween pour un titre bâti autour de ce thème. Pour un projet que ses auteurs qualifiaient trois jours plus tôt d’histoire ancienne, le changement de trajectoire est net.

PixelCrown Games reste par ailleurs concentré sur GODSCALE, un jeu de plateforme d’action à structure roguelike en pixel art, annoncé sur Steam et ouvert aux listes de souhaits. Le studio l’a répété dans ses deux annonces : ce nouveau projet mobilise l’essentiel de ses moyens. Maintenir un petit jeu gratuit en parallèle représente donc un arbitrage réel, pas une formule de politesse.
Ce qu’il faut vérifier avant d’ajouter le jeu à sa bibliothèque
Avant de cliquer, quelques points méritent d’être posés, parce qu’un jeu gratuit ne recouvre pas toujours la même réalité d’une boutique à l’autre.
- Le titre est gratuit en permanence, pas offert sur une fenêtre limitée : il n’y a ni compte à rebours ni jeudi 17 h à respecter ;
- l’ajout se fait depuis la fiche Steam avec le bouton d’ajout à la bibliothèque, sans passer par un panier ;
- Windows est la seule plateforme prise en charge, sans build Mac, Linux ni validation Steam Deck annoncée ;
- la durée de vie se compte en dizaines de minutes, trois niveaux et leurs boss compris.
Ces points expliquent l’essentiel du malentendu qui a conduit le studio à envisager le retrait. Un jeu gratuit et court génère peu de signaux visibles : peu d’achats, peu d’évaluations, peu de discussions. L’activité réelle reste largement invisible côté développeur tant que personne ne se manifeste.
C’est exactement ce que le second message reconnaît. Les retours reçus après l’annonce de retrait ont suffi à renverser une décision déjà prise et communiquée publiquement.
Pourquoi un jeu retiré du magasin ne disparaît pas de votre compte
Le mécanisme vaut la peine d’être rappelé, parce qu’il revient souvent. Retirer un jeu de la boutique Steam signifie qu’il n’est plus ajoutable par de nouveaux comptes. Les comptes qui le possèdent conservent le téléchargement, l’installation et le lancement depuis leur bibliothèque, sans limite de durée annoncée. Le retrait ferme une porte d’entrée, il ne révoque rien, et c’est précisément ce que PixelCrown Games avait pris soin d’écrire dans son premier message.
Ce type de fenêtre revient régulièrement sur Steam, et nous en avons suivi plusieurs cas ces dernières semaines, d’une gratuité adossée à un retrait jusqu’à un autre titre retiré mi-septembre. La différence, ici, tient au fait que la boutique conserve finalement le jeu, ce qui est nettement plus rare que l’inverse.
Ce que la volte-face de PixelCrown dit du poids des retours
Un studio qui annule publiquement un retrait de boutique en trois jours, sur la seule base des réactions de sa communauté, reste une situation peu courante. La plupart des retraits s’expliquent par des questions de licence, de maintenance ou de coût de mise en conformité, et ces raisons ne se négocient pas. Ici, le motif invoqué était une lecture erronée de l’intérêt réel des joueurs, et ce type de motif se corrige.
Le contexte y aide. Avec le rythme de sorties sur Steam désormais mesuré en dizaines de milliers de titres par an, un petit jeu gratuit sorti en 2023 passe vite sous les radars de ses propres auteurs. Les indicateurs classiques ne captent pas grand-chose quand il n’y a ni chiffre d’affaires ni pic de joueurs simultanés à observer.
Reste une question ouverte pour les prochains mois : combien de titres comparables quittent la boutique chaque semaine faute qu’un joueur ait signalé y tenir. La mise à jour attendue avant fin octobre dira si le maintien de Witchcraft: Candy Hunt relève d’un sursis ou d’un véritable regain d’attention pour le catalogue d’un studio désormais tourné vers GODSCALE.
