Mindcop gratuit sur Epic Games Store

L’Epic Games Store renouvelle ses jeux offerts tous les jeudis, et la vague du 17 septembre fait une place à un polar peu connu. Mindcop, vendu 14,99 € le reste de l’année, sera récupérable gratuitement pendant sept jours sur la boutique d’Epic Games. Une fois ajouté au compte, il y reste, sans abonnement ni condition de rachat.

Il s’agit d’un jeu d’enquête non linéaire sorti le 14 novembre 2024, où l’on incarne un policier capable d’entrer dans la tête des suspects. Le genre a retrouvé de la vigueur sur PC ces dernières années, porté par des productions modestes qui misent sur l’écriture plutôt que sur la technique. Mindcop pousse cette logique jusqu’au bout, puisqu’il a été conçu par une seule personne. Que propose-t-il concrètement, et comment le récupérer ?

Un polar où l’on entre dans la tête des suspects

Le point de départ tient en une phrase : un meurtre a eu lieu dans une petite ville, et vous devez trouver le coupable. L’enquête se mène par le dialogue, l’observation et la fouille des lieux, dans une direction artistique en noir et blanc rehaussée de rouge qui doit autant au film noir qu’au dessin de presse.

La mécanique qui distingue le jeu s’appelle le Mindsurf. Vous plongez dans l’esprit d’un suspect, et la séquence se transforme alors en puzzle d’alignement en temps réel. Le réussir vous ouvre la Mer des pensées, où se récupèrent des indices et des sujets de conversation à replacer ensuite dans les interrogatoires.

Scène de nuit de Mindcop : trois personnages devant une maison, palette en noir et blanc rehaussée de rouge
L’interface française affiche le compteur de temps, ressource centrale de l’enquête. Source : fiche Steam de Mindcop.

Ce mélange d’aventure écrite et de puzzle en temps réel reste rare. Il rapproche Mindcop de l’enquête narrative remisée sur GOG pour l’ambition d’écriture, tout en gardant une dimension d’adresse qui lui est propre. Le jeu est traduit en français, ce qui n’allait pas de soi pour une production de cette taille.

Cinq jours, et chaque geste coûte du temps

La contrainte centrale est temporelle. Vous disposez de cinq jours pour identifier le meurtrier, et chaque action consomme une part de ce budget : un déplacement, un interrogatoire, une incursion dans un esprit. Rien n’est gratuit, et l’enquête se construit donc autant par ce que vous choisissez d’ignorer que par ce que vous fouillez.

Ce système produit deux fins différentes selon la qualité de vos déductions, ce qui pousse à relancer une partie pour explorer les pistes laissées de côté. Une enquête complète tourne autour d’une dizaine d’heures, un format qui se referme proprement au lieu de s’étirer artificiellement. Encore faut-il avoir le jeu dans sa bibliothèque, ce qui suppose de respecter une fenêtre précise.

Ce qu’il faut faire pour l’ajouter à votre compte

Comme pour toutes les gratuités hebdomadaires de la boutique, quelques points méritent d’être vérifiés avant que la fenêtre ne se referme.

  • L’offre s’ouvre le jeudi 17 septembre à 17h00, heure de Paris, et se termine le jeudi 24 septembre à la même heure ;
  • la récupération se fait depuis le client Epic Games ou depuis la fiche produit du site, avec un compte gratuit ;
  • la double authentification doit être activée sur le compte pour valider la commande ;
  • une fois la commande passée à 0 €, le jeu reste acquis sans limite de durée, même téléchargé bien plus tard.

Shogun Showdown accompagne Mindcop sur la même période, avec un profil radicalement différent puisqu’il s’agit d’un roguelite tactique. Epic pratique presque toujours cet appariement de deux genres opposés, comme lors de la vague précédente qui associait un récit contemplatif offert cet été à des titres plus nerveux.

Six ans de développement pour un seul homme

Mindcop est signé Andre Gareis, développeur allemand qui a porté le projet seul pendant six ans avant de le confier à l’éditeur français Dear Villagers pour sa sortie. Le jeu existe en six langues, dont le français, l’allemand, l’espagnol et deux variantes du chinois, ce qui traduit un effort d’édition disproportionné par rapport à la taille du studio.

Ce type de trajectoire éclaire ce que représente une semaine de gratuité pour un développeur isolé. La visibilité obtenue en sept jours dépasse un budget de communication individuel, et elle arrive près de deux ans après la sortie, à un moment où les ventes d’un jeu de ce calibre se sont taries.

J’ai fait le jeu que je voulais faire, presque sans compromis en chemin, ce qui est rare dans le développement de jeux et ce dont je suis très reconnaissant.

Andre Gareis, développeur de Mindcop, dans le communiqué de lancement du jeu rapporté par GodisaGeek le 14 novembre 2024

La déclaration dit aussi quelque chose de la marge de manœuvre dont dispose un développeur sans hiérarchie. Aucune décision n’a été arbitrée par un comité, ce qui explique à la fois les partis pris visuels du jeu et son refus d’étirer la durée de vie.

Ce que les joueurs en ont retenu

Sur Steam, Mindcop cumule 476 évaluations, dont 446 favorables. Le taux d’avis positifs atteint 94 %, ce qui place le jeu dans la catégorie la plus haute accessible à ce volume d’avis. Le chiffre reste modeste en valeur absolue, et c’est précisément ce que la gratuité vient corriger.

Les retours saluent la direction artistique et le système de temps, et reprochent surtout au puzzle du Mindsurf de se répéter sur la longueur. Une démo gratuite reste disponible sur Steam, ce qui permet de trancher avant même l’ouverture de l’offre et d’éviter d’encombrer sa bibliothèque pour rien.

Youtube video
Bande-annonce de Mindcop publiée par son éditeur Dear Villagers.

Ce qu’une semaine de gratuité ouvre à un polar confidentiel

Le jeu ne demande presque rien pour tourner : Windows 7 ou plus récent, 4 Go de mémoire vive, une carte graphique dotée de 256 Mo de mémoire et 2 Go d’espace disque. Aucune machine de joueur ne le refusera, ce qui élargit d’autant le public susceptible de tomber dessus par curiosité.

Un polar d’auteur vit de bouche-à-oreille, et sept jours de distribution gratuite en produisent plus que deux ans de présence au catalogue. Le thriller d’anticipation offert début septembre avait suivi le même chemin, avec un regain de discussions bien après sa sortie. C’est là que se joue l’enjeu réel de ce type d’opération pour un développeur qui a passé six ans sur un seul titre.

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