Il y a des remises qui font hésiter et d’autres qui ne demandent aucune réflexion. Green Hell, la simulation de survie en Amazonie du studio polonais Creepy Jar, tombe dans la seconde catégorie : son Anniversary Edition passe à 2,39 € au lieu de 23,99 €, soit 90 % de moins, sur Steam. Le jeu vous lâche seul dans la jungle, sans carte, sans inventaire magique, avec la faim, la soif, les parasites et la santé mentale à gérer en même temps.
L’offre s’inscrit dans le PvE Survival Crafting Fest, l’événement Steam consacré aux jeux de survie et d’artisanat. La promotion prend fin le 8 septembre, ce qui laisse quelques jours pour se décider. Reste à savoir ce que vaut encore, en 2026, un jeu de survie sorti il y a sept ans ?
Une remise de 90 % jusqu’au 8 septembre
Le prix affiché sur la fiche française concerne l’Anniversary Edition, la version enrichie du jeu. Elle chute de 23,99 € à 2,39 €, le prix d’un café en terrasse. L’édition standard, elle, reste affichée à 20,99 € sans remise, ce qui rend l’arbitrage particulièrement simple.
Creepy Jar propose aussi deux formules groupées avec StarRupture, son prochain jeu. La plus intéressante associe StarRupture et l’Anniversary Edition pour 17,46 € au lieu de 41,78 €, une réduction de 58 % sur l’ensemble. La bande-son officielle, vendue séparément, reste à 1,99 €.
Ce niveau de remise n’est pas courant sur un titre encore vendu à plus de 20 € en temps normal. Le rapprochement s’impose avec la ristourne de moitié sur Valheim il y a quelques semaines, ou avec la promo sur Sons Of The Forest ce mois-ci : le genre survie est en pleine braderie de rentrée.
Ce que contient l’Anniversary Edition
L’édition anniversaire regroupe l’ensemble de ce que le studio a ajouté au fil des années, là où l’édition standard s’arrête au jeu de base :
- la campagne principale, qui suit l’anthropologue Jake Higgins parti retrouver sa femme, et compte plus de 25 heures ;
- la préquelle Esprits de l’Amazonie, offerte, qui ajoute plus de 20 heures et raconte les événements antérieurs ;
- le mode Infini, centré sur la survie pure, sans trame narrative ;
- 21 mises à jour de contenu gratuites accumulées depuis la sortie, et 68 succès Steam à décrocher.
Le total dépasse donc allègrement les 45 heures de jeu pour qui veut voir les deux campagnes, sans compter le mode Infini ni la coopération. Le rapport contenu-prix est difficile à prendre en défaut à ce tarif.
La coopération en ligne fonctionne sur toute la campagne comme en mode survie, jusqu’à quatre joueurs. Le partage familial Steam est également pris en charge, tout comme le Remote Play sur tablette.
Une jungle qui ne pardonne rien
Sorti le 5 septembre 2019 après un an d’accès anticipé, Green Hell a construit sa réputation sur son intransigeance. Pas de barre de vie unique : il faut surveiller les calories, l’hydratation, les protéines, les glucides, les graisses, les parasites et l’état mental du personnage, qui se dégrade dans la solitude. Chaque erreur se paie en heures de jeu perdues.
Le public a suivi. Les évaluations en français sont très positives, avec 87 % d’avis favorables sur 1 824 retours, et les évaluations récentes restent plutôt positives, à 77 % sur 1 028 avis des trente derniers jours. La presse spécialisée l’avait accueilli avec un Metascore de 78 sur PC.
Soigner ses plaies à la main, le geste qui a fait sa réputation
La signature du jeu tient dans un geste que peu de titres ont osé : le mode d’inspection. Le personnage lève son bras devant lui, et c’est au joueur de repérer la coupure, la sangsue ou la larve logée sous la peau, puis de choisir le bon soin.

Cette mécanique impose un rythme particulier. On s’arrête, on regarde, on fouille son sac, on applique des feuilles de tabac sur une sangsue. Le jeu transforme un menu de soin en scène de tension, ce qui reste rare dans le genre.
Le reste suit la même logique de fabrication à la main : abris en bambou et feuilles de palmier, fortifications, maisons perchées au sommet des arbres, meubles et décorations. Les animaux de la jungle, capybaras, tapirs, pécaris, tatous et fourmiliers, peuvent être apprivoisés en les nourrissant.
Côté technique, l’addition reste légère pour une machine de 2026. La configuration minimale demande une GeForce GTX 660 et 4 Go de mémoire vive, la configuration recommandée une GTX 970 et 8 Go, pour seulement 8 Go d’espace disque. Un PC portable de milieu de gamme suffit largement.
Un développement bouclé, un studio déjà ailleurs
Green Hell n’attend plus de nouveau contenu. Creepy Jar a livré plus de 100 mises à jour et une vingtaine d’ajouts de contenu avant d’annoncer, fin août 2024, la toute dernière mise à jour du jeu, consacrée à la décoration des abris. Le titre comptait alors plus de 52 000 évaluations d’utilisateurs sur Steam.
Et aujourd’hui, les yeux humides, nous avons décidé d’en publier une dernière, la mise à jour finale du jeu, pour rendre l’expérience Green Hell complète.
Creepy Jar, studio développeur de Green Hell, dans l’annonce de l’ultime mise à jour du jeu, rapportée par PC Gamer le 29 août 2024
Le studio reste néanmoins engagé sur le support technique, et concentre ses forces sur StarRupture, un jeu d’exploration en monde ouvert de science-fiction directement nourri de l’expérience Green Hell. Acheter aujourd’hui revient donc à prendre un jeu terminé, ni en chantier ni en attente d’un correctif salvateur.
Ce que ce prix plancher dit du catalogue survie
Un jeu de survie complet à moins de trois euros en dit long sur l’encombrement du rayon. Steam multiplie les événements thématiques, du PvE Survival Crafting Fest en cours jusqu’au 7 septembre à un précédent festival thématique de Steam cet été, et chaque édition tire les prix un peu plus bas.
Pour les studios déjà passés à autre chose, brader un catalogue clos est une manière de recruter des joueurs avant le prochain titre. Pour ceux qui achètent, la question n’est plus le prix mais le temps disponible : une bibliothèque pleine de jeux à deux euros ne vaut que ce qu’on y passe de soirées.
