Berlin, 2048. Un journaliste se réveille à l’hôpital après une explosion, sa femme et son fils ont disparu, et le monde autour de lui promet une utopie numérique censée effacer la pollution, la pénurie et la surveillance. Sorti le 15 août 2018 chez Daedalic Entertainment, State of Mind est un thriller d’aventure narratif à la troisième personne qui fait circuler le joueur entre deux réalités parallèles, l’une bien réelle et l’autre entièrement simulée.
GOG.com propose ce jeu, vendu 19,99 € en temps normal, gratuitement jusqu’au 10 septembre à 15 h heure de Paris. L’opération tombe dans un catalogue qui a déjà servi plusieurs titres du même éditeur allemand ces derniers mois. Que vaut vraiment cette aventure cyberpunk, accueillie sans consensus par la presse à sa sortie, et comment la récupérer avant la fermeture du compteur ?
Un thriller cyberpunk né chez Daedalic
Daedalic Entertainment s’est fait connaître par ses aventures pointer-et-cliquer en deux dimensions, et State of Mind marque une bascule assumée vers la 3D et la narration éclatée. Le studio de Hambourg confie l’écriture à Martin Ganteföhr, déjà auteur de The Moment of Silence en 2004. L’ensemble repose sur deux personnages jouables principaux et quatre secondaires, dont l’épouse de Richard Nolan, ancienne mannequin.

Le parti pris visuel surprend au premier regard. Les décors sont denses et détaillés, les personnages volontairement anguleux, taillés en facettes, comme des objets sur le point de se briser. Ce contraste sert directement le propos : Richard a été numérisé, converti en données, puis reconstitué ailleurs, tandis que son double virtuel Adam ignore que son quotidien est une simulation.
L’enquête avance par fragments de mémoire, et vous reconstruisez vous-même la chronologie à mesure que les deux mondes se répondent. Comptez environ 9 h 30 pour la trame principale, 11 h en explorant les à-côtés et 12 h 30 pour en faire le tour complet, d’après les relevés de HowLongToBeat affichés sur la fiche. La boutique avait déjà offert un autre point-and-click de Daedalic cet été, ce qui donne un repère aux habitués du catalogue.
Ce que contient la version GOG
La fiche produit détaille précisément ce que recouvre l’ajout du jeu à votre bibliothèque, et le contenu ne se limite pas à un exécutable Windows.
- un installeur hors ligne sans DRM, exécutable sans client ni connexion permanente ;
- des versions Windows, macOS et Linux fournies dans la même acquisition ;
- les voix et les textes en français, parmi onze langues au total ;
- 23 Go d’espace disque à prévoir, succès et sauvegardes dans le nuage compris.
Cette absence de verrou logiciel reste la signature de la boutique polonaise, qui en a fait un argument commercial permanent lors de ses grandes soldes DRM-free de l’été. Un installeur téléchargé aujourd’hui restera exploitable demain, indépendamment de l’état du compte ou du client GOG Galaxy, dont l’usage demeure facultatif.
Comment récupérer le jeu avant la fermeture
L’offre se réclame directement depuis la fiche du jeu sur GOG.com, où un encart de giveaway remplace le bouton d’achat habituel. Un compte gratuit suffit, et le titre reste acquis définitivement une fois ajouté à la bibliothèque, y compris après la fin de l’opération.
Le compte à rebours affiché par la boutique s’arrête le 10 septembre 2026 à 16 h EEST, soit 15 h en heure de Paris. La fiche retrouve ensuite son étiquette payante : elle porte actuellement une remise de 90 % qui ramène le jeu à 1,99 €, contre 19,99 € hors promotion.
Une réception critique partagée
Le jeu n’a jamais fait l’unanimité, et l’agrégateur OpenCritic le résume sans détour avec une moyenne de 68 et 29 % de critiques favorables. La fracture ne porte pas sur l’univers, largement salué, mais sur la part réellement jouable de l’expérience.
Les trois notes mises en avant sur la fiche GOG illustrent l’écart. Joshua Wise, pour VideoGamer, lui accorde 7 sur 10 en louant l’originalité de sa vision. Mick Fraser, pour God is a Geek, s’arrête au même 7 sur 10 en regrettant de rester spectateur d’un monde qu’il aurait voulu explorer davantage. Ashley Donnelly, pour DualShockers, monte jusqu’à 9 sur 10 en comparant l’effet produit à celui de Blade Runner.
Les joueurs, eux, se montrent plus cléments que la presse. La fiche affiche 3,8 sur 5 pour 66 évaluations déposées par des acheteurs vérifiés, et les avis les plus utiles disent tous à peu près la même chose : l’écriture et l’ambiance emportent la mise, les énigmes déçoivent.
Ce déséquilibre entre le récit et l’interaction s’explique en partie par l’ambition d’un scénario qui n’a jamais été un prétexte.
Le transhumanisme comme véritable sujet
Derrière l’enquête policière, le jeu discute une idée précise : la fusion annoncée entre l’humain et la machine, et ce qu’elle produirait si elle n’était pas également partagée. Martin Ganteföhr s’est nourri d’une littérature transhumaniste écrite par des ingénieurs de la Silicon Valley, dont certains travaillent chez Google, avant d’écrire les deux mondes du jeu.
Sa position, exprimée dans la presse à la sortie du titre, n’a rien d’un enthousiasme de façade.
Je crois que le transhumanisme propose, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, quelque chose qui conduira à des humains de valeur différente.
Martin Ganteföhr, directeur créatif de State of Mind, entretien accordé à Variety en 2018
Cette inquiétude irrigue toute la seconde moitié du scénario, où l’utopie virtuelle se révèle réservée à ceux qui ont les moyens d’y accéder. Le jeu partage ce terrain avec les immersive sims des années 2000, un héritage remis en lumière par le retrait du créateur de Deus Ex. Huit ans après sa sortie, le propos a peu vieilli, ce qui n’était pas gagné pour une fiction située en 2048.
Ce que révèle ce genre d’opération sur GOG
Une gratuité limitée à trois jours sur un catalogue sans DRM n’a pas tout à fait le même effet qu’ailleurs. Le jeu récupéré ne dépend d’aucun serveur d’activation, ce qui transforme l’opération en archivage personnel autant qu’en occasion de jouer, pour un titre dont l’éditeur d’origine a connu de sérieuses turbulences depuis 2023.
Reste la question que pose le jeu lui-même, et qu’il laisse ouverte : à quel moment une copie numérique cesse-t-elle d’être une copie ? State of Mind y répond en montrant deux versions d’un même homme qui ne se reconnaissent pas, pendant que la boutique qui l’offre fonde son modèle sur l’idée exactement inverse, celle d’un fichier identique à lui-même quinze ans plus tard.

