Steam héberge régulièrement des opérations où un jeu payant bascule à zéro euro pendant quelques jours, et où le récupérer suffit à le garder pour toujours. Deadshot passe par cette porte jusqu’au 23 septembre, avec un prix barré à 5,19 € et une remise affichée à -100 % sur sa fiche produit. Le principe diffère d’un week-end gratuit : le jeu rejoint définitivement votre bibliothèque, sans abonnement ni contrepartie.
Derrière ce nom se cache un jeu de tir à la première personne au style rétro, sorti le 18 septembre 2024 et signé v0lt, un développeur qui travaille seul. Il revendique ouvertement l’héritage de Half-Life, Doom et Quake, ces titres des années 1990 qui ont défini le genre avant que les FPS ne deviennent des productions à plusieurs centaines de millions. Un jeu de 2024 qui imite volontairement 1996 pose une question simple : qu’est-ce qui justifie encore d’installer ce genre de proposition aujourd’hui ?
Ce que contient la campagne de Deadshot
Le scénario tient en quelques lignes : un soldat se réveille au milieu d’une apocalypse mutante et cherche à comprendre ce qui a transformé la population en créatures pendant la nuit. Tunnels, laboratoires, immeubles et zones de stockage s’enchaînent selon une progression linéaire, avec des secrets dissimulés dans chaque niveau et des objets à récupérer pour ouvrir la suite du parcours.
La campagne se découpe en trois chapitres de six niveaux chacun, soit dix-huit environnements au total. Sept armes et cinq accessoires composent l’arsenal, une dotation resserrée qui colle aux standards du genre dont le jeu s’inspire. La bande-son a été confiée à trois compositeurs, White Eyes, Noxtromo et Torturerr, un point que le développeur met en avant sur sa fiche Steam.

Côté fonctionnalités, la fiche annonce 36 succès Steam, la sauvegarde dans le Steam Cloud, le partage familial et une compatibilité complète avec les manettes, DualShock 4 et DualSense comprises. Le jeu se joue exclusivement en solo, sans mode coopératif ni composante en ligne.
Comment récupérer le jeu avant la fin de l’offre
La manœuvre prend moins d’une minute, à condition de ne pas confondre l’ajout au compte avec la liste de souhaits. Le parcours tient en quatre gestes :
- ouvrir la fiche Steam de Deadshot depuis le client ou depuis un navigateur ;
- repérer le bloc d’achat, où le prix barré 5,19 € laisse place à 0,– € ;
- cliquer sur Ajouter au compte, et non sur Ajouter à la liste de souhaits ;
- vérifier que le jeu figure bien dans la bibliothèque avant le 23 septembre à 19h00, heure de Paris.
Passé cette échéance, la remise disparaît et le prix repasse à 5,19 €. Le téléchargement n’a pas besoin d’être terminé pour que le jeu reste acquis : seul l’ajout au compte pendant la fenêtre compte. Le mécanisme reprend celui des précédentes gratuités limitées sur Steam, à ceci près que la durée varie d’une opération à l’autre.
Un jeu de tir qui assume sa filiation avec Doom et Quake
Le renouveau du FPS rétro n’est pas un accident isolé. Depuis la sortie de Dusk en 2018, une série de titres indépendants a remis au goût du jour les niveaux labyrinthiques, les textures pixelisées et la vitesse de déplacement des années 1990. Les originaux continuent de circuler en parallèle : les deux premiers DOOM ont été offerts il y a quelques jours sur une autre plateforme. Les étiquettes Rétro et Vieille école figurent parmi celles que les joueurs attribuent le plus à Deadshot, aux côtés de FPS et de Graphismes pixel.
La reconnaissance vient aussi des fondateurs du genre. En mai 2025, John Romero, cocréateur de Doom, a consacré une session de sa série FPS Fridays sur Twitch à Dusk, l’un des premiers jeux de cette vague. Son verdict a circulé bien au-delà du direct, comme l’a rapporté PC Gamer.
Ce jeu était très sympa, je l’adore. L’ambiance est formidable, le design est très amusant, plein de secrets, énormément de conception classique là-dedans, vraiment réussi. Si vous n’avez pas Dusk, vous devriez le prendre.
John Romero, cocréateur de Doom, à la fin de son direct FPS Fridays consacré à Dusk sur Twitch, rapporté par PC Gamer le 24 mai 2025
Ce qui vaut pour Dusk éclaire la position de Deadshot : le genre est devenu un terrain où un développeur seul produit quelque chose de tenable, parce que les attentes graphiques y sont volontairement basses. La contrepartie se lit dans la configuration demandée, nettement plus modeste que celle d’un jeu de tir contemporain.
La configuration réclamée par le jeu
Deadshot tourne sur des machines que la plupart des sorties récentes laissent de côté. Le tableau ci-dessous reprend les deux configurations publiées par le développeur sur la fiche Steam :
| Composant | Configuration minimale | Configuration recommandée |
|---|---|---|
| Système | Windows 10 (64 bits) | Windows 10 ou 11 (64 bits) |
| Processeur | AMD Ryzen 3 ou Intel Core i3 | AMD Ryzen 5 ou Intel Core i5 |
| Mémoire vive | 3 Go | 4 Go |
| Carte graphique | Nvidia GeForce GTX 970 4 Go | Nvidia GeForce GTX 1060 8 Go |
| Espace disque | 4 Go | 5 Go |
La GTX 970 a été commercialisée en 2014, la GTX 1060 en 2016. Douze ans séparent ce plancher du matériel vendu aujourd’hui, là où l’épisode le plus récent de la saga DOOM réclame une machine d’une tout autre génération. Deadshot compte parmi les rares sorties récentes jouables sur un PC de bureau vieillissant ou sur un portable dépourvu de carte graphique dédiée récente.
Les réserves à garder en tête
L’offre a ses angles morts. Le jeu n’existe qu’en anglais, interface comprise, et la fiche Steam signale explicitement que le français n’est pas pris en charge. Pour un jeu de tir linéaire où le texte occupe une place réduite, la barrière reste franchissable, mais elle existe.
Le volume d’avis appelle lui aussi à la prudence : Steam recense dix évaluations, toutes positives, soit un taux de 100 % sur un échantillon minuscule. Dix retours ne font pas un consensus, et la note affichée dira bien davantage une fois passée la vague de joueurs attirés par la gratuité.
Le développeur signale par ailleurs un recours à l’intelligence artificielle générative pendant la fabrication. Des bases de textures d’environnement ont été générées par IA puis retravaillées à la main pour coller au reste du jeu, selon la déclaration publiée sur la fiche produit. Une démo distincte reste disponible pour juger sur pièces avant de remplir sa bibliothèque.
Ce que coûte vraiment un jeu offert
Une gratuité de cinq jours sur Steam ne relève pas de la générosité. Elle achète de la visibilité : chaque ajout au compte fait remonter le jeu dans les pages de la boutique, augmente le nombre d’évaluations potentielles et alimente les recommandations. Plus de 10 900 joueurs avaient déjà réclamé Deadshot le 18 septembre d’après le compteur de GamerPower, un volume qu’un titre vendu 5,19 € par un développeur solo n’atteint pas en une année ordinaire.
Le calcul a sa contrepartie côté joueur : une bibliothèque qui grossit plus vite que le temps disponible pour y puiser. Dix-huit niveaux tiennent en quelques soirées, ce qui range Deadshot parmi les jeux courts, ceux qui survivent le mieux à l’accumulation. La fenêtre se referme le 23 septembre à 19h00, et ce qui se joue là tient moins au prix affiché qu’à l’arbitrage entre une réserve qui s’allonge et des soirées qui ne s’allongent pas.
